Entreprises: Montebourg prône l'intervention de l'Etat

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Arnaud Montebourg affiche son indifférence à l'égard du scepticisme de l'agence Moody's sur les chances de succès des réformes proposées par François Hollande, estimant notamment que la baisse des charges des entreprises "aura un effet important".
Arnaud Montebourg affiche son indifférence à l'égard du scepticisme de l'agence Moody's sur les chances de succès des réformes proposées par François Hollande, estimant notamment que la baisse des charges des entreprises "aura un effet important". — Joel Saget AFP

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a qualifié jeudi le gouvernement de "social-patriote" et s'est présenté comme un interventionniste "décomplexé", à l'occasion de ses voeux à la presse.

"On a beaucoup glosé sur l'orientation de ce gouvernement. Est-ce un gouvernement socialiste, social-démocrate ou social-libéral?", a-t-il rappelé, en allusion à la conférence de presse de mardi de François Hollande, où le président s'est affiché clairement comme social-démocrate.

"C'est d'abord un gouvernement social-patriote", a-t-il assuré, avant d'expliquer que "la politique par son intervention peut corriger les excès destructeurs de l'économie et peut aussi favoriser les effets bénéfiques de l'économie".

M. Montebourg a également qualifié son ministère de "décomplexé" par rapport à l'intervention de l'Etat, et a balayé d'un revers de main les critiques attribuées "à la presse anglo-saxonne qui nous donne des leçons de ne rien faire".

Il a même cité l'économiste Keynes, présenté comme un "grand Anglo-saxon", qui écrivait en 1926 ce livre qui est notre devise +La fin du laisser-faire+".

"Oui, quelqu'un doit organiser la résistance", a-t-il assuré. "L'Etat doit remettre de l'ordre dans le désordre. Il doit réinvestir les champs de l'économie abandonnés, doit investir comme actionnaire et doit planifier la révolution industrielle", a-t-il lancé.

M. Montebourg a donné un nouveau point chiffré sur l'action des services du ministère concernant les entreprises en difficulté: 2.270 dossiers d'entreprises ont été traités par les différentes instances, représentant 182.081 emplois menacés, dont 160.036 emplois ont été "préservés", soit quelque 22.000 emplois "perdus".

Le ministre a d'autre part indiqué que le comité de pilotage des 34 plans de relance industrielle lancés en septembre dernier serait mis en place à la fin du mois.

Il a annoncé que le gouvernement présenterait avant la fin du 1er trimestre "un plan massif de soutien à l'investissement dans (les) usines françaises".

L'objectif sera de mettre l'industrie française "au meilleur niveau mondial en termes d'efficacité énergétique, d'économies de matières premières, de compétitivité, de robotisation, de numérisation", a-t-il expliqué. Le plan ciblera les PME et les ETI, en liaison avec les régions.

Pour le 1er trimestre, M. Montebourg a également annoncé la présentation à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi visant à créer "un opérateur national qui pourvoira la France du réseau essentiel des bornes électriques de recharge" pour les véhicules électriques.

Pour le 1er semestre, M. Montebourg a aussi mentionné le premier vol de l'avion électrique E-Fan qui devrait traverser la Manche, ainsi que le regroupement d'acteurs du numérique autour du projet de véhicule à pilotage automatique.