Goodyear Amiens-Nord: Le CHSCT demande en référé la suspension du plan de fermeture de l'usine

avec AFP

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Le CHSCT de l'usine de pneumatiques Goodyear d'Amiens-Nord a demandé mercredi en référé devant le tribunal de grande instance d'Amiens la suspension du plan de fermeture de l'usine qui emploie 1.173 salariés, a indiqué à l'AFP son avocat, Me Fiodor Rilov. «On a demandé la suspension du plan de fermeture de l'usine et des licenciements collectifs», en raison de la «non-information du CHSCT sur les dangers auxquels les salariés sont actuellement exposés, du fait des conditions de travail inacceptables à l'intérieur de l'usine», a expliqué Me Rilov. Le juge des référés rendra sa décision le 24 janvier.

«Le CHSCT réclame depuis plusieurs mois une indication sur le niveau d'inoccupation des salariés à l'intérieur de l'usine», a résumé Me Rilov. «Goodyear affirme être dans l'impossibilité de quantifier le travail réellement effectué par les salariés à leur poste chaque jour», mais le CHSCT dispose de documents allant à l'encontre de ces affirmations, a assuré l'avocat. En décembre, le tribunal administratif d'Amiens avait rejeté la requête en référé de la CGT, qui réclamait l'obtention d'un rapport de l'inspection du travail sur les conditions de travail dans l'établissement.

Quelque 200 salariés de l'usine ont mené mercredi matin une opération escargot de l'usine au tribunal de grande instance, situé dans le centre-ville d'Amiens, a indiqué à l'AFP Franck Jurek, secrétaire adjoint (CGT) du comité d'entreprise.

Le préfet de Picardie Jean-François Cordet, nommé lundi médiateur, multiplie depuis mardi les réunions de travail avec chacun des différents acteurs du dossier Goodyear «dans l'objectif de pouvoir faire se rapprocher les points de vue pour obtenir au moins l'organisation d'une réunion à une même table de la direction et de la CGT», selon la préfecture. La CGT, ultra-majoritaire à Amiens-Nord et engagée dans un bras de fer depuis près de sept ans avec la direction de Goodyear, a décidé d'occuper l'usine pour maintenir la pression et négocier au mieux les primes de départ.

Depuis mi-novembre, le dépôt renfermant quelque 241.000 pneus est également bloqué par les salariés en colère. La CGT et le CHSCT ont sans succès multiplié ces derniers mois les procédures judiciaires pour faire annuler la fermeture de l'usine, annoncée le 31 janvier 2013.