Airbus Group pose la première pierre du nouveau siège près de Toulouse

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Le patron d'Airbus Group (ex-EADS) a posé mardi la première pierre de son nouveau siège près de Toulouse, qui devient le point névralgique du géant européen, soucieux d'installer son état-major au plus près de sa filiale phare, Airbus.
Le patron d'Airbus Group (ex-EADS) a posé mardi la première pierre de son nouveau siège près de Toulouse, qui devient le point névralgique du géant européen, soucieux d'installer son état-major au plus près de sa filiale phare, Airbus. — Remy Gabalda AFP

Le patron d'Airbus Group (ex-EADS) a posé mardi la première pierre de son nouveau siège près de Toulouse, qui devient le point névralgique du géant européen, soucieux d'installer son état-major au plus près de sa filiale phare, Airbus.

"Un seul siège sur un seul site devient finalement une réalité", a déclaré le président exécutif d'Airbus Group Tom Enders juste avant de sceller symboliquement la première pierre du futur quartier général du groupe, à Blagnac, à quelques encablures de l'aéroport de Toulouse.

L'Allemand Tom Enders avait décidé de recentrer à Toulouse la direction du géant européen de l'aéronautique, de l'espace et de la défense dès qu'il en avait pris les commandes à l'été 2012, ce qui avait fait grincer des dents en Allemagne. De la même manière que le président exécutif avait estimé qu'Airbus devait être le porte-drapeau du groupe et que la marque mondialement connue allait remplacer un acronyme pouvant paraître abscons, il avait considéré que Toulouse devait conforter son statut de coeur industriel et accueillir les fonctions de direction de l'ensemble.

"C'est l'endroit idéal car il s'agit de notre plus grand site industriel" et le lieu accueille "le management d'Airbus", a-t-il souligné lors de la cérémonie. "On est au bon endroit, près du produit, près des avions, et près du management" avec ce lieu qui "ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire de Toulouse et dans l'histoire d'Airbus".

Jusque-là, le siège d'EADS, rebaptisé Airbus Group depuis le début de l'année, était partagé entre Paris et Ottobrunn, dans la banlieue de Munich.

Parallèlement à son changement de nom, la métamorphose de l'ex-EADS s'est traduite par sa réorganisation de quatre en trois divisions: Airbus qui concentre l'activité d'aviation commerciale, Airbus Helicopters (ex-Eurocopter) et Airbus Defence and Space, qui regroupe les activités défense et espace d'Astrium, Cassidian et Airbus Military.

"Changements profonds"

Cette réorganisation entraînera la suppression de 5.800 postes sur 145.000 environ d'ici fin 2016, qui pourrait se solder par 1.000 à 1.450 licenciements. Airbus, qui a annoncé lundi un nouveau record de commandes d'avions en 2013 (1.619 commande brutes, 1.503 commandes nettes), ne sera pas affecté par ce plan de réduction des effectifs.

"Le changement de nom est probablement ce qui a fait le plus de Unes au cours des derniers mois", a commenté Tom Enders. Mais "en réalité, cela reflète des changements plus profonds: de notre gouvernance, de notre actionnariat, de notre stratégie et je suis convaincu qu'ils nous rendront plus innovants et plus compétitifs partout". Car pour la direction, cette compétitivité est nécessaire pour décrocher des commandes dans les pays émergents alors que les budgets de défense se contractent dans les pays occidentaux.

Le nouveau "campus", réalisé par le cabinet d'architectes toulousain Calvo et Tran Van, doit être livré fin 2015. Il accueillera 1.500 salariés, dont 300 occuperont des fonctions de pilotage (ressources humaines, finances, stratégie, marketing), les autres assurant des services partagés (recrutement, formation, paie,...), a expliqué le directeur des ressources humaines d'Airbus Group et d'Airbus Thierry Baril.

Au total, près de 30.000 personnes sont employées par le groupe à Toulouse et dans sa région, dont quelque 25.000 par le seul Airbus, qui se trouve là depuis ses origines il y a près de 45 ans.

Le site de 30.000 m2 représente un investissement de 100 millions d'euros.

"Ce futur déménagement confirme la place de Toulouse comme métropole européenne de l'aéronautique et de l'espace", s'est réjoui le maire PS de Toulouse Pierre Cohen.

""Des pionniers à aujourd'hui, c'est la consécration d'une exceptionnelle aventure humaine dont la France et l'Europe doivent s'inspirer pour ouvrir de nouveaux grands chantiers", a renchéri le président PS de la Région Martin Malvy.

Le maire PRG de Blagnac Bernard Keller a assuré lui que tous "les efforts seront faits pour que l'entreprise et ses personnels puissent exercer leurs fonctions dans les meilleures conditions de desserte, d'accessibilité et de services publics".