Immobilier: la Fnaim anticipe une poursuite de la baisse des prix dans l'ancien

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Près de huit Français sur dix jugent "difficule de devenir propriétaire" dans leur commune à l'heure actuelle, selon un sondage Ipsos réalisé pour le courtier en prêts immobilier Immoprêt, publié jeudi.
Près de huit Français sur dix jugent "difficule de devenir propriétaire" dans leur commune à l'heure actuelle, selon un sondage Ipsos réalisé pour le courtier en prêts immobilier Immoprêt, publié jeudi. — Jacques Demarthon AFP

La Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) a fait état mardi de transactions en repli de 5,1% en 2013, estimant que 668.000 transactions de logements anciens ont été conclues en France, assorties d'un effritement des prix qui devrait se poursuivre cette année.

Pour la Fnaim, qui rassemble quelque 12.000 adhérents (administrateurs de biens, réseaux d'agences immobilières, aménageurs...), ce niveau d'activité est de 15 à 20% inférieur à ceux enregistrés dans les années précédant la crise des subprimes de 2008, a expliqué son président Jean-François Buet lors d'une conférence de presse commune avec le courtier Cafpi et le réseau immobilier Era.

Et pour cette année, elle table sur 650.000 transactions et une nouvelle baisse des prix de 3 à 4%.

De son côté le courtier en prêts immobilier Cafpi a noté que 2013 n'avait pas été «l'année noire» anticipée, avec une distribution de crédits dédiés à l'habitat de l'ordre de 140 milliards d'euros (dont plus de 30% de rachats de crédits) en France.

Les courtiers devraient décrocher plus de 30% de part de marché cette année, selon Cafpi, mais dans un volume global en baisse, en raison notamment de la prudence des banques, d'un contexte économique encore morose, de prix qui ne baissent pas significativement et d'un risque de remontée des taux de crédit.

Cafpi table sur une remontée des taux d'intérêt à long terme - aux alentours de 3% à l'heure actuelle -, de l'ordre de 50 points de base, sur le premier semestre 2014.

De son côté la FNAIM explique la baisse des transactions sur le marché immobilier de l'ancien par «une conjoncture économique dégradée, une fiscalité galopante, des prix élevés, un projet de réforme de la location très contesté» et parle d'une «année difficile» pour un marché «heureusement soutenu par des taux d’intérêt historiquement bas».

Le «manque de confiance en l’avenir» et la «crainte de l’impôt sur la plus-value», estime la Fnaim, ont alimenté l'attentisme des vendeurs, réduisant une offre de logements déjà structurellement insuffisante en raison de la faiblesse de la construction de logements neufs.

Et du côté de la demande, nombre de candidats acquéreurs, «en particulier les primo-accédants, n’ont plus les moyens d’acquérir leur logement ou hésitent à s’endetter par crainte pour leur situation professionnelle».

Ce «retrait parallèle de l’offre et de la demande ont empêché la formation de stocks importants à la vente et ont limité la baisse des prix», analyse la Fnaim.

Sur la France entière, tous logements anciens confondus, les prix ont reculé de -2,9% par rapport à 2012, selon les chiffres compilés par la fédération professionnelle.

Le repli est plus marqué en province (-3%) qu’en Ile-de-France (-2,5%), et dans l’habitat collectif que dans l'individuel : la baisse du prix des appartements a été de 3,5% sur la France entière, plus forte en province (-3,8%) qu’en Ile-de-France (-3%).

Le prix des maisons sont en recul de 2,5% sur la France entière, avec la même tendance plus marquée en province (-2,6%) qu’en Ile-de-France (-1,8%).

Sur la France entière, en 2013, le prix moyen au m² est de 3.298 euros pour les appartements (-3,5%) et de 2.106 euros pour les maisons (-2,5%). Aux deux extrêmes, l’Ile-de-France, affiche un prix moyen des appartements à 5.130 euros/m² tandis que la Franche-Comté, à 1.628 euros/m² est trois fois moins chère.