Immobilier: Pourquoi les Français vont moins acheter en 2014

IMMOBILIER Les taux d'emprunt historiquement bas de 2013 devraient remonter cette année...

Bertrand de Volontat

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Illustration, immobilier à Paris.
Illustration, immobilier à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les futurs acquéreurs d’un bien immobilier risquent encore de patienter avant de passer à l’achat et les vendeurs avoir de la difficulté à céder leur bien au meilleur prix.

En dépit d’une baisse des prix de 2,9% fixant le prix moyen du m² à 2.499 euros, selon la Fnaim, la première organisation des professionnels de l’immobilier dont l’étude annuelle était présentée mardi matin, le nombre de signatures dans l’ancien conclues dans l’Hexagone est en baisse de 5,1% en 2013 par rapport à 2012, à 668.000 ventes.

L'attentisme malgré les taux bas

«L’attentisme est terrible de la part des acquéreurs», assure Jean-François Buet, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Et le niveau historiquement bas des taux d’intérêt à 2,9% à 20 ans, qui ont notamment permis aux Français de gagner 15 m² de pouvoir d’achat (entre janvier 2012 et janvier 2014), n’a rien changé, selon la Fnaim.

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Un pessimisme qui tranche avec les études présentées depuis une semaine par plusieurs réseaux d’agences (Century 21, La Forêt, Guy Hocquet) qui constataient de leur côté une hausse des transactions en 2013. Mais qui rejoint les résultats d’une enquête Ifop réalisée pour Laforêt, à la fin 2013 où 56% des Français déclaraient «préférer attendre» avant de se décider à acheter ou vendre un bien immobilier. Ils espéraient pêle-mêle une «baisse des prix», une conjoncture économique plus favorable, une situation professionnelle plus stable et de meilleures conditions de crédit. Ils pourraient bien déchanter en 2014.

Les taux bas, les prix aussi

Si les prix pourraient encore fondre de 4%, «le nombre de transactions devrait baisser, à 650.000», estime Jean-François Buet. Moral des ménages dans les talons, pression fiscale au plus haut, incertitude sur le niveau de croissance de l’économie française, tous les ingrédients incitant les éventuels acheteurs à attendre sont réunis. «Nous sommes dans un environnement tendu, ajoute Jean-François Buet. Le sentiment de l’évolution forte du coût du logement -taxes, charges, tarifs de l’énergie- questionne l’intérêt d’être propriétaire.»


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D’autant que la Fnaim et le courtier immobilier Cafpi annoncent une remontée des taux de crédit immobilier. «Si les taux remontent, les enveloppes de financement se dégraderont, le montant de l'apport sera en hausse, donc il y aura moins d'acheteurs, et des acheteurs moins solvables, ce qui fera baisser les prix, précise Laurent Vimont, président de Century 21. L'année 2014 dépendra de la vitesse ou de la brutalité avec laquelle les taux vont remonter».

Pour dégripper le marché, Philippe Taboret, président de Cafpi se prononce en faveur d’une relance du prêt à taux zéro dans l’ancien, aujourd’hui limité à l’acquisition d’un logement neuf.