Un Medef plein de bonne volonté avant l'intervention de Hollande

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Le Medef a lancé lundi sa campagne "un million d'emplois" en saluant "la main tendue" par François Hollande et en affirmant attendre la "confirmation du cap" de son pacte de responsabilité avec les entreprises lors de sa conférence de presse mardi.
Le Medef a lancé lundi sa campagne "un million d'emplois" en saluant "la main tendue" par François Hollande et en affirmant attendre la "confirmation du cap" de son pacte de responsabilité avec les entreprises lors de sa conférence de presse mardi. — Philippe Huguen AFP

Le Medef a lancé lundi sa campagne «un million d'emplois» en saluant «la main tendue» par François Hollande et en affirmant attendre la «confirmation du cap» de son pacte de responsabilité avec les entreprises lors de sa conférence de presse mardi.

«J'attends demain une confirmation du cap. Nous avons pris la main tendue», a déclaré le président de la plus grande organisation patronale de France, Pierre Gattaz, venu à Marcq-en-Baroeul dans le Nord lancer, devant 1.500 chefs d'entreprises, cet objectif de création d'un million d'emplois en cinq ans.

Le président Hollande a annoncé le 31 décembre qu'il proposait aux entreprises un «pacte de responsabilité» fondé sur «un principe simple: moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en même temps, une contrepartie, plus d'embauches et plus de dialogue social».

Le Medef s'était dès le 1er janvier réjoui de cette proposition. «Nous jouons le jeu, nous voulons contribuer à ce pacte de responsabilité», a insisté lundi M. Gattaz lors d'une conférence de presse à Marcq en Baroeul, ajoutant attendre des «mesures concrètes dès 2014».

Interrogé sur la plus urgente, il a cité le tranfert des cotisations de la branche famille de la Sécurité sociale afin d'en délester les entreprises, dont la part est de 35 milliards d'euros.

Il a réitéré sa demande d'allègement global des cotisations sociales des entreprises de 50 milliards d'euros, associé à des baisses d'impôts de la même envergure. Pour la partie sociale «nous avons demandé 50 milliards, il reste 30 milliards» en soustrayant le CICE, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, qui doit faire revenir 20 milliards d'euros dans les caisses des entreprises.

Il a suggéré une baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et appelé à la baisse de la dépense publique.

«Réaction de surprise des syndicats»

«Nous voyons que tout le monde redémarre, que les Anglais sont repartis, que les Allemands sont repartis, que même les Espagnols et les Italiens sont en train de repartir à la croissance, et nous sommes toujours encalminés avec des chiffres économiques désastreux», avait-il dit le matin sur Europe 1.

«Nous risquons de rater le train de la croissance», a-t-il lancé, rappelant que les marges des sociétés françaises étaient parmi les plus basses, «de 28% contre une moyenne de 40% en Europe».

«Si on veut, dans notre pays, lutter enfin contre le chômage de masse, il faut faire ce qui n'a jamais été tenté en France (...). Il faut enfin mettre en place une politique en faveur de la compétitivité des entreprises, de la croissance, de la confiance», a-t-il déclaré. «Mais nous avons entendu les voeux du président de la République, et nous y avons vu enfin une prise en compte de cette réalité», a-t-il poursuivi devant un parterre d'entrepreneurs du Nord-Pas-de-Calais, qui ont agité de petites lampes en signe de soutien à la création d'emplois.

Interrogé par la presse sur les contreparties qui seraient demandées par «la gauche de la gauche», il a dit avant tout «regarder le monde avec ses 150 concurrents de la France». «Nous voulons augmenter l'attractivité de la France» pour les investisseurs français et étrangers et «nous serons très prudents sur les contreparties», a-t-il averti.

«Il est important que nous reparlions très positivement de l'entreprise: il faut arrêter les phrase sur les +cadeaux aux entreprises, les cadeaux aux patrons+», a-t-il déclaré.

Le Medef «alimentera les chantiers du président de la république par des cas extrêmement concrets», a-t-il promis. L'organisation patronale compte étudier «par filières» et «transversalement» les emplois à créer et mener une campagne de promotion des métiers dont de nombreux postes sont non pourvus dans l'Hexagone tels que fondeur, cuisinier, boucher.

«La réaction rapide du Medef aux voeux de l'Elysée et la réaction de surprise des syndicats donnent l'impression que la déclaration du président - quelque chose qui ne se fait pas en l'air, dont on prépare le terrain avant - a été pensée avec un téléphone entre le Medef et l'Elysée», décrypte Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du Travail et spécialiste du patronat.

Pour lui, M. Gattaz est aujourd'hui «dans une stratégie d'accompagnement, d'encouragement» de la politique du gouvernement.

Une analyse dont se félicite le gouvernement. «On regarde ça d'un bon oeil, il nous semble en effet que M. Gattaz est revenu à des sentiments plus constructifs, qu'il est prêt à s'inscrire dans une démarche de compromis», observe une source gouvernementale.