L'Etat à la rescousse de Mory Ducros via un soutien à l'offre d'Arcole

ECONOMIE En contrepartie, le gouvernement a demandé «l'amélioration du plan social»...

avec AFP

— 

Un camion du transporteur Mory Ducros sur l'autoroute à proximité de Gonesse le 9 janvier 2014
Un camion du transporteur Mory Ducros sur l'autoroute à proximité de Gonesse le 9 janvier 2014 — Martin Bureau AFP

L'Etat va soutenir l'offre de reprise du transporteur de colis en difficulté Mory Ducros par son principal actionnaire Arcole via un prêt de 17,5 millions d'euros, a annoncé vendredi à l'AFP le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

En contrepartie, le gouvernement a obtenu le changement de tout le management de Mory Ducros et il lui a demandé «d'améliorer le plan social», a fait savoir Arnaud Montebourg.

Le prochain management ne comprendra aucun dirigeant de l'ancien management, ni aucun représentant d'Arcole, a précisé à l'AFP une porte-parole de Mory Ducros.

Reprise de 1.900 salariés sur 5.000

«Nous avons sécurisé l'offre d'Arcole», a expliqué le ministre, qui a aussi fait état de la nomination d'un préfet dédié à ce dossier et de mesures exceptionnelles d'accompagnement en faveur des salariés qui perdront leur emploi.

Pour l'heure, Arcoles Industries, dont l'offre a été présentée jeudi aux représentants du personnel, propose de reprendre 1.900 salariés du groupe (dont 1.754 pour la maison-mère), qui en compte 5.000 sur 85 agences.

De l'activité de Mory Ducros dépendent en outre 2.000 emplois en sous-traitance.

Pour la CFDT, premier syndicat de l'entreprise, ces annonces, «importantes», sont «un signe fort pour rassurer les clients».

17,5 millions d'euros

«Avec une clientèle rassurée et la mobilisation générale de la profession pour reclasser les salariés, on peut espérer avoir moins de salariés sur le carreau», a estimé auprès de l'AFP Fabian Tosolini, porte-parole de la Fédération CFDT des Transports.

Mais pour que l'aide annoncée «ne soit pas un coup d'épée dans l'eau», la profession «doit s'engager à ne pas contester le prêt pour concurrence déloyale à Bruxelles», a-t-il ajouté.

Le prêt de l'Etat, qui sera fait dans le cadre du plan de résistance économique présenté par le ministre cet automne, se fera «aux conditions de marché avec des garanties sur le patrimoine de Mory Ducros», a précisé Montebourg.

Selon le ministre, Arcoles Industries apportera également 17,5 millions d'euros, et s'ajoutera un crédit bancaire de 15 millions.

Pas de dépeçage

L'Etat a également prévu toute une série de mesures pour soutenir les salariés qui pourraient perdre leur travail: «Le maintien du salaire pendant un an avec le contrat de sécurisation professionnelle», «le financement de toutes les formations sur tous les projets professionnels qui auront été validés» et «la prise en charge partielle pendant deux ans du différentiel de salaire pour qu'il n'y ait pas de diminution du pouvoir d'achat».

Les entreprises du secteur, mais aussi d'autres à la fois publiques et privées, ont été sollicitées pour proposer en priorité des offres d'emplois aux salariés de Mory Ducros, a-t-il poursuivi.

«Nous avons là une solution qui sécurise l'offre d'Arcole et qui permet de rassurer toute la clientèle de Mory Ducros. Nous allons pouvoir envisager une sortie de crise avec le soutien de la profession, de l'Etat et de l'actionnaire», a souligné le ministre.

Les trois autres offres de reprise, de moindre importance, déposées au tribunal de commerce de Pontoise (Val d'Oise), «ne sont pas pertinentes car il s'agit d'un dépeçage», a fait valoir Arnaud Montebourg. Le gouvernement veut «conserver un réseau national avec une taille qui devra être adaptée au marché, plus réduite», dit-il.