Les attitudes à éviter pour espérer une augmentation de salaire

SOCIAL Attention à l’affect, au chantage et à la comparaison avec vos collègues… Surtout que les hausses de salaires seront très limitées cette année...

Mathieu Bruckmüller

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Fiche de paie, bulletin de salaire, illustration.
Fiche de paie, bulletin de salaire, illustration. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il n’y en aura pas pour tout le monde. Raison de plus pour mettre toutes les chances de son côté pour faire partie des heureux élus.

Un budget augmentation à la baisse

Stagnation économique oblige, les budgets dédiés aux augmentations dans les entreprises seront une nouvelle fois réduite à la portion congrue en 2014. Les revalorisations supérieures à 3% comme elles étaient pratiquées avant la crise sont désormais loin.

Comme en 2013, cette année, il faudra se contenter d’une progression moyenne de 2,5%. Mais derrière ce chiffre se cache de fortes disparités. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à pratiquer des gels de salaire, et les hausses dévolues à l’ensemble des employés ont tendance à diminuer au profit d’augmentations individuelles, et donc plus élevées.

Pas de «dimension personnelle et conflictuelle»

«Toute demande d’augmentation salariale, même si elle est justifiée au regard des résultats obtenus, doit être préparée avec soin, sans jamais lui donner de dimension personnelle et conflictuelle», prévient Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France.

Evitez donc les «Si vous ne m’accordez pas cette augmentation, je serai démotivé ou je démissionnerai…, Pourquoi mon collègue gagne-t-il plus? Untel est vraiment moins performant que moi…»

Pas d’affect, pas de chantage et pas de comparaison, conseille le cabinet de recrutement.

Quelle est votre plus-value?

Mais objectivez votre demande. «Il faut réunir des éléments tangibles, factuels, chiffrés sur les six derniers mois: économies réalisées, revenus générés, erreurs évitées, augmentation de la productivité, amélioration de la qualité, de la satisfaction des clients, prises d’initiative...» afin de répondre à cette question: mes réalisations personnelles ont-elles apporté une réelle plus-value à l’entreprise?

«Pour évaluer l’augmentation, il convient de prendre connaissance des salaires à fonctions, expériences, responsabilités égales, dans d’autres entreprises ressemblant à la sienne, implantées dans la même zone géographique. Avancer une demande réaliste constitue une preuve de professionnalisme, surtout dans un contexte économique sensible», souligne Robert Half.

Armé de votre argumentation, une demande d’augmentation, à l’exception d’un changement de fonction, se fait auprès du manager direct, soit lors de la période fixée pour ce type de demande dans l’entreprise, soit à l’occasion du bilan annuel ou après «un succès indéniable succédant à une période de plusieurs mois de (sur)performance», explique Robert Half.

Pour arriver à vos fins, avancez  quelques arguments clés chiffrés et circonscrits dans le temps pour appuyer la demande et exposez vos réalisations tout en restant très factuels.

Bien conclure l’entretien

Et si vous avez obtenu gain de cause, pensez à remercier car ce n’est pas un dû. A l’inverse en cas de refus, proposez immédiatement des alternatives: l’échelonnement de l’augmentation, le versement d’une prime, d’un bonus, l’aménagement du temps de travail, le financement d’une formation, l’accord d’avantages comme un véhicule de fonction, une carte essence…

«Si malheureusement rien n’est accordé, il faut se questionner sur les raisons qui ont motivé ce choix: l’entreprise/le manager ne peut pas OU ne veut pas?… Et bien entendu en tirer les conclusions nécessaires. Attention avant de prendre toute décision sur le coup de l’émotion, cette augmentation est-elle vraiment vitale pour maintenir sa motivation?», explique Robert Half.