Au rayon tourisme, Paris mise sur le shopping

Mathieu Gruel

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Illustration du grand magasin Printemps Haussmann, sur les grands boulevards parisiens, le 13 octobre 2013
Illustration du grand magasin Printemps Haussmann, sur les grands boulevards parisiens, le 13 octobre 2013 — 20 MINUTES/SIPA

«Derrière le romantisme, il y a le sac à main». Paris, ses charmes, ses monuments... Et ses boutiques. Sauf qu’«on oppose souvent tourisme et industrie», estime Christian Mantei, directeur général d'Atout France, l’organisme chargé de promouvoir notre destination touristique à l'étranger. «A tort», selon lui.

Visites au musée et détours dans les grands magasins ne seraient pas incompatibles. Une étude, révélée ce mardi par l’Office de tourisme de Paris, montre en effet que le shopping est «un pilier» du tourisme pour la capitale, qui a accueilli 29 millions de touristes en 2012. Mieux, «il serait devenu une sorte de but», annonce Thierry Le Roy, président de l’Office de tourisme et des Congrès de Paris.

Panier moyen

Ainsi, dans une enquête menée en 2012* et retranscrite dans l’étude, 16% des visiteurs interrogés ont expliqué que le shopping comptait comme une motivation forte dans leur choix de séjour à Paris. Un pourcentage qui grimpe même à 30%, pour les Japonais et les Chinois interrogés. Et selon une autre enquête déclarative, dans les trains et les aéroports, ce sont d’ailleurs les Chinois qui dépensent le plus dans le shopping, avec 59 euros d’achats en moyenne en 2012 (sur 173 euros de dépense totale).

Avec 56 euros dépensés en moyenne, les Japonais les talonnent, arrivant juste devant les Russes et leurs 46 euros de panier moyen. «Un panier moyen que nous cherchons à améliorer», explique Philippe Solignac. Si la détaxe touristique de 12% permet évidemment à certains touristes de dépenser plus, il n’est pas le seul levier.

Travail du dimanche

En janvier, période plus calme pour le tourisme, les soldes qui débutent ce mercredi pourraient en être un autre. Tout comme «le travail du dimanche, qui est bien sûr un enjeu», a estimé Philippe Solignac, plaidant également pour «sortir du carcan des sept zones touristiques actuelles». Actuellement, la capitale compte quelque 61.232 commerces et services commerciaux. C’est la densité commerciale la plus importante en France, avec 76,5 commerces pour 10.000 habitants. Et les prestations proposées sont variées. «Luxe, grands magasins, commerces de villages y coexistent», rappelle Lyne Cohen-Solal.

Variété de l’offre

«Cela fait parti du charme de Paris», rappelle d’ailleurs l'adjointe aux commerces à la Mairie, qui se dit «soucieuse de cet équilibre» des «plus petits face aux grands». Un équilibre que la future loi sur les ouvertures dominicales devra veiller à maintenir, estime-t-elle. 92% des touristes interrogés disent en effet apprécier la variété de l’«offre shopping».

Mais l’étude ne permet pas de dire si le touriste fuit la capitale le dimanche, faute de magasins ouverts. Ni de situer Paris par rapport aux autres grandes capitales, fautes de données les concernant. Elle permet simplement «de constater que Paris reste attractive», indique  Jean-Bernard Bros, adjoint au Maire. Et de montrer que, pour séduire, la ville ne peut pas tout miser sur sa beauté. 

*Source: dispositif permanent d’enquête dans les aéroports et les trains. CRT Paris-Ile-de-France, ADP (BVA)