Ecotaxe: Les Bonnets rouges se mobilisent une nouvelle fois en occupant les ponts bretons

A.G. avec AFP

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Manifestation des «bonnets rouges» contre l'écotaxe et pour la defense de l'emploi en Bretagne à Quimper le 2 novembre 2013.
Manifestation des «bonnets rouges» contre l'écotaxe et pour la defense de l'emploi en Bretagne à Quimper le 2 novembre 2013. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Deux mois après ses manifestations géantes, le mouvement des Bonnets rouges remobilise ses troupes pour dire non à l’écotaxe. Depuis 13h dimanche (et jusqu’à 17h), les Bonnets rouges se rendent ainsi sur les ponts des quatre-voies des quatre départements bretons et de la Loire-Atlantique. Les rassemblements de dimanche resteront symboliques, les organisateurs n'ayant pas prévu de perturber la circulation.

L'opération a été baptisée «Chacun son pont» et vise à exiger le maintien de la gratuité des routes en Bretagne, mise en péril selon le collectif par l'écotaxe, une taxe poids lourds que le gouvernement, sous la pression, a reportée sine die mais pas supprimée.

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Selon une source proche des autorités, dimanche, les manifestants devraient en effet occuper les ponts des principaux axes routiers bretons à raison de 5 à 10 personnes par site. Ils devraient aussi porter leurs bonnets rouges et déployer, comme à chacune de leurs manifestations, des Gwenn ha du (drapeau breton noir et blanc), ainsi que des banderoles anti-écotaxe.

Après deux grands rassemblements en Bretagne en novembre, de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Quimper (13.000 à 30.000 selon les sources) puis à Carhaix (17.000 à 40.000 personnes), dans le Finistère, où gronde le plus fort la colère contre l'écotaxe, la nouvelle action vise à pérenniser la mobilisation du mouvement. Cette fois-ci, l'initiative vient de la «base», c'est-à-dire des nouveaux comités locaux.

Création de cahiers de doléances

Christian Troadec, l'un des porte-parole du mouvement, avait annoncé la création de ces comités fin novembre à l'issue de la dernière manifestation à Carhaix, ville dont il est le maire. Il attendait dans un premier temps une centaine de comités avec l'objectif d'en avoir à terme 200.

«Il y a aujourd'hui une quarantaine de comités locaux dans les cinq départements de la Bretagne historique», incluant la Loire-Atlantique, a précisé à l'AFP M. Troadec. Les responsables de ces comités se retrouveront le 11 janvier à Pontivy (Morbihan), après une réunion le 7 janvier de la vingtaine de membres du collectif «Vivre, décider et travailler en Bretagne».

L'un des objectifs de ces comités locaux est de créer des cahiers de doléances qui seront ensuite restitués le 8 mars lors de l'organisation à Morlaix (Finistère) «d'états généraux de Bretagne». «Ils ont envie d'agir», assure M. Troadec et selon lui «le nombre d'actions proposées est assez surprenant». «Dans les comités locaux qui se sont créés, il y a des gens qui ont envie d'entrer immédiatement dans l'action pacifique» contre l'écotaxe, assure-t-il.

Mouvement hétéroclite

Ce sera aussi une façon pour ce mouvement hétéroclite, qui réunit des petits patrons aux ouvriers, en passant par des agriculteurs, de continuer à occuper la scène médiatique en ce début d'année, «pour marquer le coup», note aussi M. Troadec.

Le mouvement des Bonnets rouges a rejeté le «Pacte d'avenir de la Bretagne» signé le 13 décembre à Rennes par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Selon eux, le document, destiné à donner un nouvel élan à la région, est un «écran de fumée».