Espagne: après une année «très dure», Rajoy promet plus d'emplois pour 2014

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Le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy a promis vendredi, lors de son bilan annuel, plus d'emplois et une reprise de la croissance économique dans une Espagne frappée par un taux de chômage de 26% et enfoncée dans la crise.
Le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy a promis vendredi, lors de son bilan annuel, plus d'emplois et une reprise de la croissance économique dans une Espagne frappée par un taux de chômage de 26% et enfoncée dans la crise. — Pierre-Philippe Marcou AFP

Le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy a promis vendredi, lors de son bilan annuel, plus d'emplois et une reprise de la croissance économique dans une Espagne frappée par un taux de chômage de 26% et enfoncée dans la crise.

«Si l'année 2012 a été l'année de la réduction (du déficit), 2013 a été l'année des réformes et 2014 sera l'année du début de la reprise économique dans notre pays», a déclaré le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse après le dernier Conseil des ministres de l'année.

«Nous avons quitté la récession» dans laquelle était plongée l'Espagne depuis début 2011, sa deuxième en cinq ans, a-t-il ajouté, alors que le pays a affiché une timide croissance de 0,1% du Produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre.

Mais avec un taux de chômage de 25,98%, l'emploi reste l'un des principaux points noirs de la quatrième économie de la zone euro. Si Mariano Rajoy a reconnu vendredi se trouver «très loin» de son objectif de créer des emplois, il s'est toutefois voulu optimiste.

«L'année prochaine, quand je me présenterai de nouveau devant vous (fin décembre, ndlr), il y aura moins de personnes au chômage et plus de personnes employées», a-t-il affirmé.

«J'espère qu'à la fin 2013, le nombre de chômeurs inscrits sera inférieur à celui de l'année précédente. Et cela n'est pas arrivé en Espagne depuis 2006», a-t-il déclaré.

Frappée doublement en 2008 par l'éclatement de sa bulle immobilière et le démarrage de la crise financière internationale, l'Espagne est engagée dans un programme historique de rigueur, avec 150 milliards d'euros d'économies programmées entre 2012 et 2014 pour réduire son déficit public.

Arrivé au pouvoir fin 2011, le gouvernement de Mariano Rajoy a lancé une batterie de mesures (marché du travail, secteur bancaire, retraites...) qui permettent à l'Espagne «de terminer l'année sur des bases bien plus solides pour la reprise économique», a affirmé vendredi ce dernier.

Après deux ans d'un mandat marqués par les mobilisations contre les coupes, qui frappent notamment les budgets sensibles de la Santé et de l'Education, Mariano Rajoy a remercié vendredi les Espagnols pour leurs «efforts» lors d'une année 2013 «très dure».

Le Premier ministre a en outre annoncé que la facture d'électricité augmentera de 2,3% au premier trimestre 2014, après que son gouvernement a fait annuler il y a une semaine la hausse de 11% prévue pour janvier après un processus d'enchères organisé entre les acteurs du marché.

Ce bond annoncé avait fait grand bruit dans un pays enfoncé dans la crise et qui affiche déjà les prix les plus chers de l'Union européenne derrière Chypre et l'Irlande, selon Eurostat.

Le gouvernement a aussi confirmé l'augmentation de 0,25% en 2014 des pensions de retraites, désindexées de la hausse des prix.

Objet de vives tensions en 2012, lorsque la probabilité d'un sauvetage global de son économie, après celui de ses banques, avec une aide européenne de 41,3 milliards d'euros, semblait proche, l'Espagne bénéfice d'une accalmie sur les marchés.

Mariano Rajoy a tenu à le souligner, rappelant que «les trois agences de notation» financières (Fitch, Moody's et Standard & Poor's) ont remonté, ces dernières semaines, la perspective de sa note souveraine de «négative» à «stable».

Les analystes restent toutefois prudents, le gouvernement prévoyant pour 2014 une croissance de 0,7%, insuffisante pour nombre d'entre eux pour créer de l'emploi.