Chômage: Quels sont les métiers qui ont le plus de mal à recruter?

Mathieu Bruckmüller

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Un rayon boucherie au Carrefour d'Ormesson (Val de Marne), le 4 juillet 2013.
Un rayon boucherie au Carrefour d'Ormesson (Val de Marne), le 4 juillet 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

C’est tout un paradoxe. Alors que le chômage tutoie des records en France avec à la fin novembre 3.275.200 de personnes sans emploi, selon les chiffres publiés jeudi, certains secteurs ont le plus grand mal à recruter. Selon le dernier observatoire trimestriel du Medef qui repose sur un échantillon de 40.000 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, de 1 salarié ou plus (hors professions de l'agriculture, du secteur public, libérales, et associatives), sur 835.291 recrutements menés au troisième trimestre 2013, 132.690 recherches ont été abandonnées, soit près de 16%.

Des besoins importants dans au moins 30 métiers

Ainsi 13.726 postes n’ont pas été pourvus dans l’hôtellerie et la restauration, suivis par les cuisiniers (10.896), les assistantes maternelles (9.214), les conducteurs de véhicules (6.646), les attachés commerciaux et représentants (5.223), les cadres commerciaux (4.924), les vendeurs (4.557), les artisans et ouvriers artisanaux (4.503), les agents de gardiennage et de sécurité (4.163), mais aussi les bouchers, charcutiers, boulangers (2.474) ou les secrétaires (2.252) en passant par les professions paramédicales (1.883), les ingénieurs-cadres de l’industrie (1.889) et les caissiers (1.785).

En tout, le Medef énumère une liste de 30 métiers où au moins 1.200 postes pour chacun d’entre eux ne sont pas pourvus et souligne le manque d’adéquation entre la main-d’œuvre et les besoins des entreprises.

Pour inverser la vapeur à court terme, le ministre du Travail a annoncé pour 2014 la poursuite «du plan prioritaire de formations pour les chômeurs, avec 70.000 supplémentaires après les 30.000 de cette fin d'année». Deuxième étage de la fusée: la réforme de la formation professionnelle actée ce mois-ci par les partenaires sociaux et qui se traduira par la présentation d’un projet de loi du gouvernement en janvier. Elle est destinée à la simplifier et à la rendre plus accessible, notamment aux salariés peu qualifiés et aux chômeurs.