La justice s'invite à la fête de l'A380

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Airbus a occupé le terrain jeudi au salon aéronautique de Singapour, globalement pauvre en contrats civils et militaires, en annonçant deux commandes d'avions civils et un partenariat industriel avec la Corée pour son programme A350.
Airbus a occupé le terrain jeudi au salon aéronautique de Singapour, globalement pauvre en contrats civils et militaires, en annonçant deux commandes d'avions civils et un partenariat industriel avec la Corée pour son programme A350. — Roslan Rahman AFP

Une excellente journée. C'est ce qu'aurait pu être pour Airbus la remise, hier, du certificat de navigabilité de l'A380, autorisant officiellement la mise en service de l'avion géant. Mais au moment où l'état-major d'EADS, la maison mère de l'avionneur, célébrait l'A380 à Toulouse, les juges du pôle financier de Paris menaient des perquisitions au siège parisien d'EADS et chez Lagardère (actionnaire d'EADS). Une enquête menée dans le cadre de l'instruction ouverte le 20 novembre.

La justice veut savoir si certains membres de la direction ont profité d'informations internes sur le retard pris par le programme A380 pour revendre leurs actions EADS dès le mois de mars, trois mois avant que l'annonce officielle de déboires provoque une chute de 26 % du cours. Au mois d'avril, ce sont deux des plus gros actionnaires, Lagardère en France et DaimlerChrysler en Allemagne, qui avaient cédé des actions. Les actionnaires qui ont porté plainte reprochent aussi à EADS de les avoir trompés en annonçant en mai des résultats exceptionnels. L'Autorité des marchés financiers, qui mène aussi son enquête, suspecterait, selon Le Monde, huit cents personnes dans cette affaire.

Edouard Lederer

Pour obtenir des autorités de l'aviation civile européenne et américaine le droit de voler, l'A380 a effectué dix-huit mois d'essais. Cinq A380 ont totalisé 800 sorties dans le monde pour plus de 2 600 heures dans les airs.