La Lettonie passe à l'euro le 1er janvier, sans enthousiasme

MONDE Seulement 20% des Lettons soutiennent le passage à l'euro et 58% y sont opposés...

avec AFP

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Une Lettone tient en main un sachet dans lequel se trouve des pièces de monnaie en euro, le 10 décembre 2013 à Riga
Une Lettone tient en main un sachet dans lequel se trouve des pièces de monnaie en euro, le 10 décembre 2013 à Riga — Ilmars Znotins AFP

La Lettonie, élève modèle de l'Union européenne avec des taux de croissance à faire pâlir ses voisins, s’apprête à adopter l'euro le 1er janvier, imperturbable face à une opinion publique réticente. Ce pays balte de 2 millions d'habitants deviendra le 18e membre de la zone euro et le 4e pays ex-communiste de l'Europe centrale et orientale à adopter la monnaie commune après la Slovénie en 2007, la Slovaquie en 2009 et l'Estonie en 2011.

La Lituanie voisine devrait suivre le mouvement en 2015, les trois pays baltes -trois anciennes républiques soviétiques- seront alors tous dans l'euro.

Cure d'austérité drastique

Avec une hausse annuelle de son PIB de plus de 5% en 2011 et 2012, la Lettonie, membre de l'UE depuis 2004, caracole en tête du bloc des 28 et devrait continuer en 2013 avec une croissance de plus de 4%. Mais elle a payé le prix fort pour redresser ses finances et se plier aux critères de Maastricht, avec une cure d'austérité drastique pour s'extirper de la plus profonde récession au monde, ayant entrainé une chute de son PIB de près d'un quart en 2008-2009.

Aujourd'hui, le Premier ministre Valdis Dombrovskis fait valoir que l'adhésion à l'euro aidera l'économie lettone en facilitant les échanges et en renforçant la confiance des investisseurs. Mais il peine à convaincre ses compatriotes qui redoutent que l'abandon de leur devise nationale, le lats, ne provoque une flambée des prix.

Seulement 20% des Lettons soutiennent le passage à l'euro et 58% y sont opposés, selon les sondages.

«Trois ou quatre mois pour mesurer l'impact»

Le ministre letton des Finances, Andris Vilks, assure que le passage à l'euro va se faire en douceur. «Je ne pense pas qu'il y aura des problèmes importants. Nous avons beaucoup appris de l'exemple de l'Estonie où les prix n'ont augmenté que de 0,2% ou 0,3%», lors de l'adoption de l'euro en 2011, a-t-il déclaré récemment à la télévision.

Mais les prestataires de services sociaux ne se montrent pas aussi confiants.

«Notre département des finances est préparé. Je pense qu'il faudra trois ou quatre mois pour mesurer l'impact, mais nous avons des plans pour aider les gens -en particulier les personnes âgées- s'il y a des problèmes», dit à l'AFP Diana Indzere, chef des services sociaux dans la petite ville de Sigulda, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Riga.