Standard & Poor's retire son «AAA» à l'Union européenne et baisse sa note d'un cran

ECONOMIE L'agence d'évaluation Standard & Poor's a baissé la note «AAA» à l'UE, qui passe à «AA+»...

avec AFP

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Photo du 55 Water Street à New York, siège de Standard & Poor's, le 9 octobre 2011, aux Etats-Unis.
Photo du 55 Water Street à New York, siège de Standard & Poor's, le 9 octobre 2011, aux Etats-Unis. — AP Photo/Henny Ray Abrams

L'agence d'évaluation Standard & Poor's a retiré vendredi la note «AAA» --la meilleure de sa classification-- qu'elle attribuait jusqu'ici à l'Union européenne, en soulignant que les discussions budgétaires entre pays membres devenaient de plus en plus acrimonieuses.

La note de l'UE a été abaissée d'un cran à «AA+». Elle est dotée d'une perspective «stable», ce qui implique que S&P n'a pas l'intention de la modifier de nouveau à moyen terme. Cette sentence est tombée en plein sommet des dirigeants européens, mais aussi deux jours après un accord très important sur l'union bancaire, considéré comme une avancée majeure de l'UE.

La note de l'UE a été abaissée d'un cran à «AA+». Elle est dotée d'une perspective «stable», ce qui signifie que S&P n'a pas l'intention de la modifier de nouveau à moyen terme. 

Réaction 

«La qualité de crédit globale» des 28 membres de l'Union européenne «a décliné», a estimé S&P dans un communiqué. L'agence affirme aussi que la «cohésion» de l'UE s'est dégradée, citant notamment les négociations sur le budget pluriannuel de l'UE qui ont nécessité deux sommets de chefs d'Etat fin 2012 puis début 2013, et de longues heures de négociations.

S&P souligne que les discussions budgétaires deviennent de plus en plus difficiles au sein de l'UE, avec notamment les principaux pays contributeurs --qui sont le plus souvent ceux notés «AAA»-- demandant une réduction de leurs versements.

Baisse de la note de plusieurs pays

«C'est une analyse faite par des experts qui jadis, avant la crise bancaire, avaient trouvé que tout allait bien. Il faut toujours relativiser une opinion», a réagi vendredi matin le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, lors de son arrivée à la seconde journée du sommet.

L'UE était prévenue d'un possible abaissement de sa note depuis janvier 2012, quand S&P avait revu à «négative» la perspective d'évolution. La zone euro était alors sous la menace d'une sortie de la Grèce. Depuis début 2012, plusieurs grands pays de l'Union, dont la France, ont vu leur note être dégradée. 

L'UE emprunte sur les marchés financiers pour prêter de l'argent à des pays tiers et financer certains de ses programmes, comme Euratom.