Pourquoi le pouvoir d’achat des ménages se redresse en 2013

Mathieu Bruckmüller

— 

Illustration de pièces de monnaie.
Illustration de pièces de monnaie. — JOEL SAGET / AFP

Le pouvoir d’achat des ménages a-t-il touché le fond de la piscine? Oui, à en croire, la note de conjoncture du mois de décembre présenté ce jeudi par l’institut national des statistiques et des études économiques (INSEE).

«Reprise poussive»

Après un recul de 0,9% en 2012, du jamais vu depuis 1984, il se redressera de 0,5% en 2013. Car même si les impôts vont continuer à augmenter, sur un rythme moins soutenu, la faible hausse des prix (+0,6% contre 1,9% en 2012) et les hausses de salaires donneront au final un peu plus de marges financières aux particuliers. Ce petit bol d’air est à l’image du tableau dressé par l’Insee en cette fin d’année sur l’état de l’économie française qui parle d’une «reprise poussive».

L’activité aura été tout au long de 2013 en dents de scie. Après être sortie de la récession au printemps avec une croissance de 0,5%, elle a replongé dans le rouge à l’été (-0,1% entre juillet septembre), pour finalement repartir de l’avant avec un gain de 0,4% entre octobre et décembre, avance l’Insee.

Un dynamisme « dû à la conjonction de plusieurs effets. Tout d’abord, des contrecoups favorables sont attendus concernant l’investissement des entreprises en services et les exportations en produits manufacturiers. En outre, les ménages anticiperaient certaines dépenses en raison du déblocage de l’épargne salariale, du durcissement du bonus/malus automobile au 1er janvier et de la hausse des taux de TVA au 1er janvier 2014».

Mais passée le réveillon, l’Insee calcule que la croissance ne progresserait plus que de 0,2% au premier et au second trimestre 2014. Un retour de balancier qui s’explique notamment par le ralentissement des exportations liées à la hausse de l’euro, mais aussi par «le manque d’impulsion» du pouvoir d’achat des ménages.

Le chômage toujours plus haut

En effet, la  hausse de l’inflation attendue au début de l’année ne permettra pas au salaire de réellement progresser. De plus, l’exécutif dixit l’Insee aura dû mal à faire sienne dans les mois à venir la promesse d’inverser durablement la courbe du chômage. Le taux de chômage devrait passer de 10,9% à 11% à la mi-2014.

Et ce malgré la flambée des emplois aidés et les créations d’emploi liés au crédit impôt compétitivité, un dispositif qui monte en charge et prévoit 20 milliards d’euros de baisses de charges par an. Après avoir permis la création de 15.000 postes cette année, 30.000 de plus sont attendus sur les six premiers mois de l’année et 300.000 à long terme.

Mais cela ne viendrait pas compenser les destructions d’emploi et la hausse de la population active. Le marché du travail comptera 60.000 personnes de plus au premier semestre 2014.