Le marché de la dette reste calme après la décision de la Fed

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Les monnaies de certains grands pays émergents poursuivaient leur chute libre lundi, plombées par des situations économiques locales difficiles mais surtout impuissantes face à la Réserve fédérale américaine (Fed) dont une décision de politique monétaire est attendue mercredi.
Les monnaies de certains grands pays émergents poursuivaient leur chute libre lundi, plombées par des situations économiques locales difficiles mais surtout impuissantes face à la Réserve fédérale américaine (Fed) dont une décision de politique monétaire est attendue mercredi. — Karen Bleier AFP

Le marché de la dette a accueilli calmement jeudi la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) de commencer graduellement à réduire son soutien à l'économie.

Les rendements à dix ans des emprunts des principales économies de la zone euro n'ont pas accusé de variation prononcée lors de la séance.

A 18H00 (17H00 GMT), le taux à dix ans de l'Allemagne, qui évolue en sens inverse de la demande, progressait très légèrement à 1,871%. Il avait terminé à 1,847% mercredi soir à la clôture du marché obligataire où s'échange la dette déjà émise.

Le mouvement a été similaire pour la France à 2,474% contre 2,456%, tout comme pour l'Italie à 4,079% contre 4,070% tandis que l'Espagne a légèrement reculé à 4,124% contre 4,148%.

Côté américain, le rendement à 10 ans était en légère hausse à 2,925%, contre 2,893% à la clôture du marché américain de la veille, tandis que le taux à 30 ans reculait à 3,894% contre 3,907%. De son côté, le taux à trois mois était stable à 0,06%.

«La pression à la hausse sur les taux longs est limitée; elle est plus marquée sur les taux courts», dans la mesure ou la réduction des achats d'actifs «reste très limitée» pour le moment. En outre, «le marché avait commencé à se positionner» car «il savait que cela allait finir par se produire», a observé Patrick Jacq, un stratégiste obligataire de BNP Paribas.

Par ailleurs, «un des éléments fondamentaux de cette décision est que la conjoncture économique montre des signes d'améliorations structurelle et durable», a-t-il complété.

«La réaction du marché suggère qu'il n'a pas été si surpris que cela». L'effet a été «plus fort sur les échéances courtes que sur les longues», a aussi souligné Frédérik Ducrozet, un économiste du Crédit Agricole CIB.

«Cela veut aussi probablement dire que nous sommes enfin en train d'aller vers des marchés plus sains» qui réagissent à de «bons chiffres» macroéconomiques, a-t-il ajouté.

Selon lui, après avoir reçu «enfin cette décision concrète», un certain soulagement se fait sentir sur le marché et «les deux semaines à venir devraient être très calmes».

La banque centrale américaine a annoncé mercredi soir le maintien de ses taux directeurs et une légère réduction de son soutien monétaire, sur fond d'amélioration de la conjoncture dans le pays.

A l'issue de deux jours de réunion de son comité monétaire (FOMC) à Washington, la Réserve fédérale a indiqué qu'elle réduisait de 85 à 75 milliards de dollars le montant de ses rachats d'actifs mensuels auxquels elle procède depuis plus d'un an pour desserrer l'étau du crédit et soutenir l'activité.

A partir de janvier, la Banque achètera 40 milliards de bons du Trésor (contre 45 auparavant) et 35 milliards de titres adossés à des créances hypothécaires (contre 40 jusqu'à présent), a précisé le FOMC dans son communiqué, jugeant la réduction de son soutien «modeste».

Hors zone euro, le taux britannique à 10 ans a grimpé à 2,959% contre 2,921% mercredi.

Sur le marché interbancaire, l'Euribor a reculé à 0,293% contre 0,298% mercredi alors que le Libor a progressé à 0,246% contre 0,245% la veille.