La Bourse de Paris finit en hausse rassérénée après la Fed

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La Bourse de Paris, qui a marqué le pas cette semaine, continuera à se chercher un cap dans les résultats d'entreprise, au moment où la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) doit confirmer le ralentissement de son aide à l'économie.
La Bourse de Paris, qui a marqué le pas cette semaine, continuera à se chercher un cap dans les résultats d'entreprise, au moment où la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) doit confirmer le ralentissement de son aide à l'économie. — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris a terminé en hausse (+1,64%) jeudi, rassérénée par la décision de la banque centrale américaine de ne réduire que très modérément ses mesures de soutien à l'économie tout en maintenant une politique accommodante.

Le CAC 40 a gagné 67,52 points à 4.177,03 points, dans un volume d'échanges nourri de 3,8 milliards d'euros. La veille, il avait progressé de 1%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a gagné 1,68% et Londres 1,43%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a pris 1,88%.

La cote parisienne a ouvert en nette hausse après l'annonce par la Réserve fédérale américaine (Fed) du maintien de ses taux directeurs et d'une légère réduction de son soutien monétaire, sur fond d'amélioration de la conjoncture aux Etats-Unis. La cote parisienne ne s'est pas laissée influencer outre mesure par un démarrage en baisse à la Bourse de New York.

«Pour l'instant, le marché a surtout retenu que la politique (de la Fed, ndlr) allait rester très accommodante longtemps», explique Alexandre Baradez, un analyste d'IG France.

A l'issue de deux jours de réunion de son comité de politique monétaire (FOMC) à Washington, la Fed a indiqué qu'elle réduisait de 85 à 75 milliards de dollars le montant de ses rachats d'actifs mensuels auxquels elle procède pour desserrer l'étau du crédit et soutenir l'activité.

L'institution monétaire est toutefois parvenue à rassurer les marchés en insistant sur la promesse de ne pas relever les taux rapidement.

«A force d’anticiper, les investisseurs ont intégré» la perspective d'un changement de politique monétaire aux Etats-Unis, affirme Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse, soulignant qu'ils allaient «pouvoir maintenant se concentrer sur l’économie réelle».

Il s'agit pourtant bien des «prémices d'un resserrement de la politique monétaire américaine», estime M. Baradez qui ajoute que «le rebond ne paraît pas durable», le marché restant quand même «prudent».

Dans ce contexte, les indicateurs du jour sont passés plutôt inaperçus. La zone euro a enregistré une nette hausse de son excédent des comptes courants en octobre à 21,8 milliards d'euros.

Aux États-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont rebondi de façon inattendue pour la semaine close le 14 décembre. Les ventes de logements anciens ont reculé plus que prévu en novembre et la croissance de l'activité manufacturière de la région de Philadelphie a été très légèrement supérieure en décembre par rapport à novembre.

L'indice composite des indicateurs économiques américains a quant à lui augmenté davantage qu'escompté en novembre.

La journée était également marquée par le début d'un sommet de l'Union européenne à Bruxelles, les dirigeants de l'UE se retrouvant dans la foulée d'une avancée majeure sur l'union bancaire et après l'investiture de la chancelière Angela Merkel.

Après des mois de blocage, les ministres des Finances se sont entendus mercredi soir sur le mécanisme destiné à régler de manière ordonnée le sort des banques en faillite de la zone euro.

Du côté des valeurs, Technip a pris 3,73% à 65,14 euros. Le groupe d'ingénierie pétrolière, qui a sévèrement dévissé en Bourse mercredi après des résultats décevants, a remporté quatre contrats de services en mer du Nord.

Total a gagné 1,61% à 43,17 euros. Le groupe prévoit entre 450 et 500 millions d'euros de pertes cette année dans sa branche raffinage-pétrochimie en France, mais il a par ailleurs donné le coup d'envoi au développement du projet gazier de Yamal en Russie, avec son partenaire russe Novatek qui représente un investissement total de 27 milliards de dollars.

Areva a progressé de 0,49% à 18,62 euros dans la foulée de son nouveau contrat de 73 millions de dollars auprès de l'électricien américain Dominion pour alimenter en combustible nucléaire la centrale de Millstone, dans le nord-est des Etats-Unis.

Vinci a bénéficié (+2,87% à 46,07 euros) du contrat remporté au sein d'un groupement d'entreprises de 440 millions d’euros pour un projet autoroutier à Atlanta en Georgie (Etats-Unis).

Dassault Aviation a perdu 2,92% à 893,15 euros, après la perte de l'appel d'offres au Brésil pour son avion de combat Rafale.

Compagnie des Alpes a reculé de 2,09% à 14,50 euros après avoir vu son bénéfice amputé de 93% sur son exercice 2012/13, ce qui l'a amené à renoncer à son dividende.

Manutan a bondi de 9,31% à 45,80 euros après être parvenu à préserver sa rentabilité lors de son exercice achevé fin septembre, grâce aux efforts menés pour réduire ses coûts.

Systran était suspendu à 1,65 euro alors que le groupe spécialisé dans la traduction automatique sur Internet doit être racheté en deux étapes par le coréen CSLI à 5,00 euros par titre.

Pour sa première journée de cotation, le titre de la société de chimie verte Carbios, spécialisée dans la valorisation des déchets plastiques, a perdu 3,21% à 13,58 euros. Le prix d’émission des actions nouvelles était de 14,03 euros, soit la borne haute de la fourchette indicative de prix.

Enfin, Derichebourg a profité du feu vert de Bruxelles à son projet de cession de ses activités de services aéroportuaires. Le titre a bondi de 4,71%, à 2,22 euros.

Euronext (CAC 40)