Espagne: les créances douteuses au plus haut en cinquante ans

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Les créances douteuses des banques espagnoles ont atteint un nouveau record historique en octobre, à 13% du total des crédits, signe de la fragilité persistante du secteur malgré le programme d'aide européen dont le secteur s'apprête à sortir, selon les chiffres officiels publiés mercredi.
Les créances douteuses des banques espagnoles ont atteint un nouveau record historique en octobre, à 13% du total des crédits, signe de la fragilité persistante du secteur malgré le programme d'aide européen dont le secteur s'apprête à sortir, selon les chiffres officiels publiés mercredi. — Cristina Quicler AFP

Les créances douteuses des banques espagnoles ont grimpé à 13% du total des crédits en octobre, soit un record historique en plus de cinquante ans, malgré la prochaine sortie du pays du programme d'aide européen au secteur, selon les chiffres officiels publiés mercredi.

Ces créances, surtout présentes dans l'immobilier (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés), s'élevaient à 190,97 milliards d'euros en octobre, soit trois milliards de plus qu'en septembre, a annoncé la Banque d'Espagne.

Les plus mauvais payeurs sont les promoteurs immobiliers, dont le taux de créances douteuses est à 33,7%, tandis que les particuliers remboursent mieux leurs crédits pour acheter ou rénover un logement, avec un taux de 5,4%. Mais ces deux chiffres sont eux aussi à un niveau historiquement élevé.

Indice de la vulnérabilité des banques, les créances douteuses ont commencé à grimper dans le bilan de tous les établissements financiers du pays après l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Fortement fragilisé par la fin de cette bulle, le secteur bancaire a bénéficié d'un plan d'aide européen accordé en juin 2012 de 41,3 milliards d'euros, dont il doit sortir fin janvier.

Dans le cadre de ce sauvetage, l'Espagne a créé une structure de défaisance, ou «bad bank», baptisée «Sareb», pour les actifs immobiliers considérés comme les plus toxiques, dont à la valeur la plus incertaine.

Pour la première fois en 17 mois, le taux et le montant des créances douteuses avaient baissé en décembre après le transfert des actifs des quatre banques nationalisées vers la Sareb. Mais il est depuis reparti à la hausse et se maintient à un niveau record depuis le début de la série statistique, en 1962.

Lors de la précédente grande crise économique et bancaire en Espagne, qui avait frappé le pays dans les années 1990, les créances douteuses avaient atteint un record de 9,15%, en février 1994, désormais largement dépassé.