Les hausses de salaire dans la tourmente pour 2014

Mathieu Bruckmüller

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Fiche de paie, bulletin de salaire, illustration.
Fiche de paie, bulletin de salaire, illustration. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Régime minceur en vue pour les salariés. En 2014, les hausses de salaires ne devraient pas dépasser en moyenne les 2,5% tant chez les ouvriers, les employés, les cols blancs et les dirigeants, prédisent de multiples études.

«Climat économique toujours morose»

2,5%, c’est le chiffre retenu par Hay Group dans sa dernière enquête, tout comme celle de Mercer menée auprès de 470 entreprises. De son côté, le cabinet Towers Watson prédit désormais un taux d’augmentation des salaires bruts de seulement 2,3% après avoir avancée 2,8% en juillet. La raison de ce recul? Les 64 grandes entreprises interrogées  prétextent «un climat économique toujours morose». 10% d’entres elles envisagent même un gel des salaires. «Le regain d’activité économique attendu n’a pas été aussi notable qu’espéré en cette fin d’année 2013, les contraignant à revoir à la baisse leurs budgets d’augmentations salariales», explique Armelle Prokop, chez Towers Watson.

Des budgets qui seront de toute façon plus faibles qu’en 2013  où l’augmentation moyenne des salaires a été de 2,6%. Avec une inflation au plus bas depuis quatre ans, à 0,6%, en théorie, la hausse de pouvoir d’achat des employés a tout de même atteint environ 2% cette année. Mais en pratique, elle a été grignotée par la hausse des impôts.

Les revalorisations supérieures à 3% telles qu’elles se pratiquaient avant la crise sont parties pour être un lointain souvenir.

Motivation et climat social

Un rapport du Conseil d’analyse économique (CAE) rattaché au Premier ministre et rendu en mai s’interrogeait sur les niveaux d’augmentation soutenu des salaires dans l’Hexagone depuis 2008. «De nombreuses enquêtes menées auprès de dirigeants d’entreprises en France comme à l’étranger montrent que les entreprises sont réticentes à infléchir leurs pratiques salariales. Pour préserver la motivation des travailleurs et le climat social, deux déterminants essentiels de la productivité, les entreprises préfèrent réduire l’emploi que les salaires», expliquaient les économistes Philippe Askénazy, Antoine Bozio et Cécilia Garcia-Penalosa, craignant  une «dégradation supplémentaire» du marché du travail. A raison puisque le taux de chômage atteint en France 10,5% de la population active, son plus haut niveau depuis 15 ans.

Et à en croire, les indiscrétions du dernier magazine Challenges, l’Elysée pourrait proposer au patronat de jouer la modération salariale afin de doper la compétitivité des entreprises. En effet, la hausse des salaires au moment où les marges des entreprises sont au plus bas risque de réduire l’effet des 20 milliards de baisses de charges par an accordés par le gouvernement en plus de renchérir le coût des embauches alors que l’exécutif promet une baisse du durable du chômage.