Internet: Les clics deviennent solidaires

DÉCRYPTAGE es opérations solidaires sur Internet permettent à tout un chacun d'agir pour la cause de son choix de façon plus facile, avec seulement un clic de souris. Une démarche altruiste qui profite également aux entreprises qui se prêtent au jeu. «20 Minutes» vous explique comment les entreprises monétisent ces clics...

Bérénice Dubuc

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Le bouton «Like» de Facebook, le 10 mai 2012 à Washington.
Le bouton «Like» de Facebook, le 10 mai 2012 à Washington. — BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Des «clics», des «likes» ou des «vues» qui se transforment en cadeaux de Noël pour des enfants hospitalisés, en kilos de légumes pour les Restos de Cœur, en boîtes de pâtée pour les chats abandonnés, ou encore en financements pour des projets de particuliers dans les domaines médicaux, sociaux ou culturels. Aujourd’hui, un «clic» sur Internet semble donc avoir une utilité -être mis à la disposition d’une cause-, et une valeur dans la vie réelle («IRL», comme disent les jeunes).

Alain Caussieu, fondateur de JustLikeMe, site qui se propose d’identifier des entreprises pour en faire des «marraines» de projets d’internautes, explique à 20 Minutes: «Aider prend soit du temps, soit de l’argent, que l’on n’a peut-être pas en tant que particulier, surtout en période de crise. Nous fournissons aux gens un moyen d’aider. Là, cela ne leur prend qu’un quart de seconde, le temps de “cliquer“ ou “liker“, et ils n’ont pas à donner d’argent. Pourtant ils agissent, et cela peut faire bouger la situation d’une personne qui en a besoin.» Une façon de redonner de l’âme aux réseaux sociaux, qui sont vecteurs de bonne action, mais qui a aussi un intérêt commercial pour les entreprises qui se prêtent au jeu.

Une meilleure communication

Planète Végétal, producteur indépendant français de carottes, donne ainsi «en votre nom» 2 kg de légumes aux Restos du Cœur pour un «clic». Une opération qui «s’inscrit dans un partenariat de longue durée puisque nous travaillons depuis une dizaine d’années avec la locale des Restos du Coeur en Gironde et depuis la campagne de 2008-2009 au niveau national», souligne Bertrand Cuisse, à l’origine du partenariat.

Une «opération citoyenne de solidarité» qui permet aussi à l’entreprise de gagner en visibilité. Planète Végétal fait peu de publicité et «préfère mettre en oeuvre de l’argent pour financer les 150 tonnes de légumes donnés aux Restos du Cœur -110 tonnes de légumes données par l'entreprise en direct auxquels s'ajoutent 40 tonnes supplémentaires dès que les 20.000 clics sont atteints», souligne Bertrand Cuisse.

De plus, ce type de communication suppose une exposition de l’entreprise beaucoup plus bénéfique en termes qualitatifs. «Les consommateurs sont tout le temps soumis à la publicité, une sollicitation pour laquelle ils ne sont pas demandeurs, et qui ne leur apporte rien, analyse Alain Caussieu. Avec les opérations de clic solidaire, nous remettons la publicité au service du consommateur, il en retire un bénéfice puisqu’il fait une bonne action, et la publicité est mieux perçue, donc il y a un intérêt pour l’entreprise». Ces dernières peuvent ainsi communiquer sur leurs valeurs -solidarité, humanité, …- et être ainsi mieux perçues par les consommateurs. «Grâce aux likes, les entreprises voient le nombre de personnes qui partagent leurs valeurs, et peuvent faire naître sur ces bases une véritable communauté.» Un premier pas vers la fidélisation du client.