Wall Street recule encore face au spectre d'un resserrement monétaire

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Wall Street a fini en baisse pour le troisième jour d'affilée jeudi, les investisseurs s'empressant d'enregistrer des plus-values avant une réunion décisive de politique monétaire aux Etats-Unis la semaine prochaine: le Dow Jones a lâché 0,66% et le Nasdaq 0,14%.
Wall Street a fini en baisse pour le troisième jour d'affilée jeudi, les investisseurs s'empressant d'enregistrer des plus-values avant une réunion décisive de politique monétaire aux Etats-Unis la semaine prochaine: le Dow Jones a lâché 0,66% et le Nasdaq 0,14%. — Stan Honda AFP

Wall Street a fini pour le troisième jour d'affilée dans le rouge jeudi, les investisseurs s'empressant d'enregistrer des plus-values avant une réunion décisive de politique monétaire la semaine prochaine: le Dow Jones a lâché 0,66% et le Nasdaq 0,14%.

Selon des résultats définitifs à la clôture, l'indice vedette Dow Jones a abandonné 104,10 points à 15.739,43 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, a perdu 5,41 points à 3.998,40 points.

L'indice élargi S&P 500, jugé plus représentatif par les investisseurs, a lâché 0,38% (-6,72 points) à 1.775,50 points.

«Le marché pense irrationnellement que la banque centrale va commencer à réduire ses mesures de relance la semaine prochaine», analyse Michael Gayed, de Pension Partners.

Aux yeux de M. Gayed, la Fed devrait en effet plus se focaliser sur le marché de l'emploi encore fragile, comme l'a montré la hausse plus importante que prévu des inscriptions hebdomadaires au chômage la semaine close le 7 décembre, que sur de bonnes statistiques comme les ventes au détail en novembre.

La Réserve fédérale (Fed) annoncera mercredi, au terme de deux jours de réunion, sa décision quant aux 85 milliards de dollars de rachats d'actifs qu'elle verse actuellement chaque mois dans le but de soutenir la reprise économique.

Les inscriptions au chômage ont été révisées à la hausse pour la semaine dernière mais la retombée du taux de chômage américain à 7% le mois dernier a fait ressurgir les craintes d'un resserrement monétaire imminent.

Dans le doute, «les investisseurs restent sur un mode attentiste» et évitent de s'engager, insiste Michael Gayed.

Qui plus est, pour William Lynch, de Hinsdale Associates, l'incertitude est double car «les marchés ne peuvent prédire ni la décision de la Fed ni la réaction qu'elle provoquera».

Les hôtels Hilton trouvent preneurs

En attendant, le secteur bancaire est ressorti quasi indemne de cette séance morose, profitant de la hausse des taux d'intérêt sur le marché obligataire.

Le titre de Morgan Stanley a ainsi pris 1,20% à 30,48 dollars, celui de Goldman Sachs 0,44% à 168,33 dollars ou encore celui de JP Morgan Chase 0,43% à 56,31 dollars (Wells Fargo est resté stable à 43,50 dollars).

JP Morgan pourrait payer un à deux milliards de dollars pour mettre fin à des poursuites du gouvernement des Etats-Unis sur l'affaire Madoff, selon des informations de presse publiées jeudi.

Pour le jour de son retour en Bourse, le titre tout frais du numéro un mondial de l'hôtellerie, l'américain Hilton, s'est octroyé 7,50% à 21,50 dollars. L'opération est la deuxième plus grosse introduction en Bourse de l'année aux Etats-Unis.

Le fabricant en vogue d'articles et de tenues de yoga Lululemon, basé à Vancouver, a chuté de 11,65% à 60,39 après la publication de ses résultats du troisième trimestre, faisant état de bonnes ventes mais de prévisions décevantes pour le prochain trimestre.

Le constructeur automobile General Motors, qui a annoncé jeudi qu'il vendait l'intégralité de sa part de 7% dans le constructeur français Peugeot PSA et qu'il liquidait aussi sa part de 8,5% dans Ally Financial, a cédé 0,27% à 40,05 dollars.

Parmi les 30 vedettes du Dow Jones, la palme de la plus mauvaise performance revient à Coca-Cola qui a perdu 2,29% à 39,21 dollars.

Dans les technologies, quelques titres ont résisté à la tendance à la vente, notamment Twitter (+5,71% à 55,33 dollars) et Facebook (+4,96% à 51,83 dollars).

Dans l'aérien, le nouveau géant mondial American Airlines, issu de la fusion avec US Airways, s'est essoufflé (-2,08% à 25,45 dollars) après son introduction en Bourse lundi. La compagnie aérienne a annoncé deux commandes fermes de 90 appareils régionaux au total, au canadien Bombardier et au brésilien Embraer.

L'américain Boeing s'est apprécié de 0,30% à 132,96 dollars alors que la compagnie Air Canada vient de lâcher son rival européen Airbus en passant une commande de 61 Boeing 737, pour remplacer progressivement sa flotte d'A320 et A321.

Le marché obligataire a fini en baisse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a augmenté à 2,877% contre 2,844% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,897% contre 3,880% à la clôture précédente.

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