Formation professionnelle: Quand le patronat se déchire sur la réforme

avec AFP

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François Hollande lors de son déplacement à Blois le 4 mars 2013 sur l'emploi et la formation professionnelle.
François Hollande lors de son déplacement à Blois le 4 mars 2013 sur l'emploi et la formation professionnelle. — ALAIN JOCARD / AFP

L'ultime séance de négociation programmée entre syndicats et patronat sur la réforme de la formation professionnelle a débuté jeudi matin, mais le camp patronal restait divisé sur la question du financement, qui bloque les discussions depuis plusieurs semaines. Le Medef, soutenu par l'UPA (artisans), a remis jeudi matin aux partenaires sociaux un projet d'accord comportant quelques modifications, mais le volet financement, auquel s'oppose fermement la CGPME, reste inchangé.

La confédération des petites et moyennes entreprises s'oppose au projet du Medef, qui prévoit la suppression de l'obligation légale de verser 0,9% de la masse salariale pour financer le plan de formation dans les entreprises. Cela aboutirait, selon elle, à faire «tomber à zéro la formation dans les TPE et PME», car ces fonds sont en partie mutualisés en faveur des petites entreprises, parents pauvres de la formation.

Réorienter les formations vers les chômeurs

Le ministre du Travail Michel Sapin a pressé mardi les partenaires sociaux, qui discutent depuis fin septembre, de trouver un accord sur cette réforme, prévenant qu'un projet de loi serait présenté le 22 janvier. Au coeur de cette réforme: la création d'un compte personnel de formation attaché à la personne tout au long de sa vie active.

Michel Sapin souhaite que les financements - 32 milliards d'euros dépensés en 2011 - soient réorientés vers les chômeurs, les jeunes sans qualification et les moins qualifiés dans l'entreprise. 

«Les partenaires avaient dit que le 12 (décembre) serait la dernière réunion, je ne vais pas donner des ordres. Mais ils ont bien compris que la loi serait présentée en conseil des ministres (le 22 janvier), puis discutée en février et que le ministre préfère qu'elle soit issue d'un accord plutôt que du seul gouvernement», a déclaré Michel Sapin. «La réforme se fera et ne sera pas une réformette: les crédits se déplaceront vers ceux qui en ont le plus besoin, ce déplacement se fera dans les jours qui viennent», a-t-il prévenu.