Grève SNCF: Pourquoi les cheminots se mobilisent

SOCIAL La réforme ferroviaire débattue en mars prochain alerte les syndicats...

B. de V. avec AFP

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Un voyageur achète son billet dans la gare SNCF de Nantes, le 29 octobre 2013.
Un voyageur achète son billet dans la gare SNCF de Nantes, le 29 octobre 2013. — F. ELSNER / 20 MINUTES

Jour de galère pour des milliers de voyageurs et de mobilisation pour les cheminots. La grève lancée par les trois premiers syndicats de la SNCF contre la réforme ferroviaire entraîne des perturbations ce jeudi matin, notamment sur le RER francilien, avec en moyenne sept trains sur dix sur les grandes lignes.

Le mouvement doit durer jusqu'à vendredi 8h. Selon les prévisions de trafic de la SNCF, les perturbations devaient être plus limitées que lors de la précédente grève, en juin.

Ce que propose la réforme

Cette fois, la CFDT ne s'est pas associée au mouvement lancé par la CGT, Unsa et Sud-Rail, rejoints par FO et FiRST. Les cheminots s'élèvent contre le projet de réforme ferroviaire, examiné le 16 octobre en conseil des ministres, qui doit être débattu au Parlement après les municipales de mars.

Cette réforme vise à stabiliser la dette du système ferroviaire, actuellement de 40 milliards d'euros (dont 32 milliards pour Réseau ferré de France) en supprimant des redondances d'activités, et à préparer le secteur à l'ouverture à la concurrence du transport de voyageurs.

Le gouvernement entend également unifier au sein d'un même pôle public la SNCF et le gestionnaire des infrastructures RFF.

Ce que redoutent les syndicats

Mais la configuration prévue -deux établissements chapeautés par un troisième- fait redouter aux syndicats un «éclatement» du système ferroviaire et une réforme «sur le dos des cheminots». «Dans les faits, le projet crée trois entreprises publiques. Cela ne garantit ni la cohésion économique, ni la cohésion sociale et encore moins la cohésion technique nécessaire», affirme le secrétaire général de la CGT Cheminots, Gilbert Garrel.

«Des engagements très clairs ont été pris par le gouvernement, en particulier sur le maintien du statut, sur l'unité sociale du groupe», a déclaré à l'AFP François Nogué, directeur général délégué chargé de la cohésion et des ressources humaines du groupe SNCF.

SUD-Rail exige le retrait du texte, l'Unsa entend obtenir des amendements. A l'hostilité suscitée par la réforme ferroviaire s'agrègent des revendications sur l'emploi et les salaires.  Dimanche, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, s'est engagé à ce qu'il n'y ait pas de mouvement de grève pendant les fêtes de fin d'année.