Sephora: Les salariés pro-travail de nuit à nouveau déboutés

JUSTICE Les juges persistent et signent...

avec AFP

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Le 9 octobre 2013. Fermeture du magasin Sephora des Champs-Elysées a 21H00 au lieu de minuit suite à une décision de justice.
Le 9 octobre 2013. Fermeture du magasin Sephora des Champs-Elysées a 21H00 au lieu de minuit suite à une décision de justice. — V. Wartner / 20 Minutes

Les salariés de Sephora (groupe LVMH) qui réclamaient de pouvoir travailler après 21h sur les Champs-Elysées ont été à nouveau déboutés lundi. «Les salariés ont été déboutés», a annoncé la direction de Sephora à l'AFP, rappelant que le groupe s'est lui-même pourvu en cassation contre le jugement le condamnant à fermer à 21h, une audience devant intervenir «dans les prochaines semaines».

«Nous nous attendions à cette décision», a commenté Joëlle Aknin, avocate des salariés. «Nous avons pu constater le jour de l'audience que les magistrats n'étaient pas disposés à entendre le message que les salariés étaient venus délivrer. La cause était déjà jugée avant d'être entendue».

Pourvoi en cassation

Sephora avait été condamné le 23 septembre par la cour d'appel de Paris à ne plus faire travailler ses salariés jusqu'à minuit dans le magasin situé sur la célèbre avenue parisienne, après une action de l'intersyndicale du commerce parisien Clic-P (CGT, CFDT, Seci-Unsa, SUD et CFE-CGC). Le parfumeur avait alors décidé de se pourvoir en cassation, mais son pourvoi n'étant pas suspensif, le magasin doit depuis fermer ses portes en soirée.

Dans le même temps, 101 salariés de Sephora avaient assigné les syndicats, faisant valoir que le personnel volontaire pour travailler le soir en échange d'une rémunération majorée, allait subir «une atteinte immédiate au contrat de travail». En octobre, ils avaient déjà été déboutés à deux reprises de leurs demandes. Mais ils avaient engagé une nouvelle procédure «en tierce opposition», qui faisait l'objet de la décision de lundi.

Cette procédure consiste à attaquer une décision de justice (en l'occurrence celle du 23 septembre), dans laquelle le tiers (ici les salariés) n'étaient pas représentés. Elle peut conduire à suspendre le jugement attaqué.