Wall Street attend de savoir quand la Fed va resserrer sa bourse

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Wall Street a encore reculé lundi après un brutal mouvement de correction la semaine dernière, la performance applaudie de Caterpillar ne suffisant pas à soutenir les indices: le Dow Jones a cédé 0,26% et le Nasdaq 1,08%.
Wall Street a encore reculé lundi après un brutal mouvement de correction la semaine dernière, la performance applaudie de Caterpillar ne suffisant pas à soutenir les indices: le Dow Jones a cédé 0,26% et le Nasdaq 1,08%. — Timothy Clary AFP

Après s'être délectés de chiffres remarquables sur l'emploi américain, les courtiers de Wall Street attendent sereinement de savoir si oui ou non la banque centrale américaine va bientôt se décider à resserrer les cordons de sa bourse.

Le Dow Jones Industrial Average, l'indice vedette de la Bourse de New York réunissant 30 valeurs représentatives, a reculé de 0,41% au cours des cinq dernières séances à 16.020,20 points. Mais après un début de semaine poussif, il a terminé vendredi sur un net rebond grâce à la publication d'un rapport mensuel sur le marché du travail américain très bien accueilli par les investisseurs.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a grappillé 0,06% pour s'établir à 4.062,52 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a pour sa part cédé 0,04% pour finir la semaine à 1.805,09 points.

Quand la Fed va-t-elle choisir de ralentir ses mesures de soutien à la reprise économique? Cette question tient en haleine depuis plusieurs mois les opérateurs américains et aiguille fortement leurs décisions d'investissement.

Mais la réaction du marché au dernier rapport sur l'emploi pourrait changer la donne, selon plusieurs observateurs.

«Jusqu'à récemment, y compris au début de la semaine, une bonne nouvelle macroéconomique pouvait être considérée comme une mauvaise nouvelle pour le marché car elle plaidait en faveur d'une diminution rapide par la Fed de son programme de soutien», relève Brent Schutte de BMO Private Bank.

Les investisseurs redoutent notamment que si l'institution réduit ses achats massifs de titres sur le marché obligataire, cela conduise à une remontée rapide des taux d'intérêts de nature à freiner nettement la reprise.

Mais avec la multiplication de bons indicateurs sur l'état de l'économie aux Etats-Unis, «ils ont adopté une autre attitude» et sont beaucoup plus optimistes sur la croissance, remarque Tom Cahill de Ventura Wealth Management.

Le rapport sur l'emploi publié vendredi a en particulier revigoré le marché: l'économie américaine a créé beaucoup plus d'emplois qu'attendu en novembre et le chômage a reculé à son plus bas niveau depuis 2008 malgré la hausse du taux de participation au marché du travail.

De plus les compagnies américaines continuent de faire preuve d'une solidité certaine. «Selon le Bureau national des statistiques américaines, les profits des entreprises ont augmenté de 3,5% au premier trimestre, de 5,3% au deuxième et de 5,8% au troisième», souligne Tom Cahill.

Pour confirmer ce sentiment d'embellie de l'économie américaine, les acteurs du marché surveilleront jeudi les chiffres des ventes au détail pour évaluer la vigueur de la consommation aux Etats-Unis, mais aussi l'indice NFIB de confiance des PME mardi pour se faire une meilleure idée de l'état d'esprit actuel des entrepreneurs.

Dans cet environnement, «le marché va probablement entrer dans une phase de consolidation d'ici la fin de l'année», se reposant sur ses lauriers après l'ascension étincelante des indices depuis janvier, de 26% pour le S&P 500 ou de 22% pour le Dow Jones, estime Tom Cahill.

Les investisseurs restent quand même très attentifs à ce que va décider la Fed. Et à cet égard les paris sont repartis de plus belle après le rapport sur l'emploi.

En juin, le président de la Fed Ben Bernanke avait en effet présenté un scénario selon lequel la Banque centrale pourrait diminuer ses injections de liquidités dès cette année et les cesser à la mi-2014 si le taux de chômage descendait autour de 7%, comme il l'a fait en novembre.

Les responsables de l'institution ont ensuite essayé de se distancier de ces propos «mais ils sont restés dans nos esprits», soulignaient les analystes de BBVA. «Maintenant que nous avons atteint ce seuil, tout le monde attend la réunion des 17 et 18 septembre pour se faire une meilleure idée des intentions de la Fed».

«La probabilité de l'annonce d'un ralentissement avant la fin de l'année s'est certainement accrue. Toutefois la menace d'une autre paralysie budgétaire en janvier est toujours présente et pourrait inciter la Fed à repousser sa décision à 2014», estiment-ils. De nombreux observateurs misent sur mars.

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