Luxe: LVMH ajoute un joyau à son écrin, l'italien Loro Piana

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Le géant français du luxe LVMH a bouclé le rachat de l'Italien Loro Piana, leader mondial du cachemire haut de gamme, ajoutant un nouveau joyau à l'écrin de très belles marques italiennes désormais aux mains du groupe de Bernard Arnault.
Le géant français du luxe LVMH a bouclé le rachat de l'Italien Loro Piana, leader mondial du cachemire haut de gamme, ajoutant un nouveau joyau à l'écrin de très belles marques italiennes désormais aux mains du groupe de Bernard Arnault. — Eric Piermont AFP

Le géant français du luxe LVMH a bouclé jeudi le rachat de l'Italien Loro Piana, leader mondial du cachemire haut de gamme, ajoutant un nouveau joyau à l'écrin de très belles marques italiennes désormais aux mains du groupe de Bernard Arnault.

«Nous sommes très heureux de rejoindre officiellement le groupe LVMH aujourd'hui», ont déclaré les frères Sergio et Pier Luigi Loro Piana dans le communiqué annonçant cette opération.

«Depuis l'annonce de l'acquisition, nous avons pu mesurer encore davantage à quel point LVMH et ses dirigeants partagent notre passion de l'excellence et de la qualité, et notre vision à très long terme», ont-ils ajouté.

Annoncée en juillet, l'acquisition de 80% du capital de l'entreprise, pour un montant de 2 milliards d'euros, restait soumise au feu vert des autorités compétentes, notamment celles de la concurrence. Le reste du capital reste aux mains de la famille Loro Piana.

Antoine Arnault, 36 ans, le fils du magnat du luxe, présidera le conseil d'administration, tandis que les frères Loro Piana seront vice-présidents de la marque, et travailleront avec la famille Arnault «dans un esprit de continuité», a précisé LVMH.

«LVMH et ses dirigeants partagent notre passion de l'excellence et de la qualité, et notre vision à très long terme», ont ajouté les frères Loro Piana, voyant dans la nomination d'Antoine Arnault, «un signal fort de l'amitié qui lie désormais» les deux familles.

Antoine Arnault, qui est également directeur général du bottier de luxe italien Berluti, l'une des marques du groupe, a rappelé dans un communiqué que la famille Loro Piana a «fait de cette maison un véritable joyau destiné aux amateurs de produits exceptionnels».

Née sous sa forme actuelle en 1924 à Quarona, petit bourg au pied des Alpes, la société est spécialisée dans les tissus (cachemire, laine de vigogne, mérinos et fleur de lotus) et les vêtements et accessoires très haut de gamme, dont le prix peut atteindre plusieurs milliers d'euros pièce. Sa filière de production, organisée verticalement, est contrôlée de bout en bout.

Un spécialiste du poil de vigogne blanc et de la fibre de fleur de lotus

Loro Piana est en particulier connu pour ses vêtements en poil de vigogne blanc, dont le coût est huit à dix fois plus élevé que le cachemire, en raison de la rareté de sa production : 6.000 à 8.000 kilos de ce poil sont fabriqués seulement par an, contre 10.000 tonnes de cachemire et 500.000 tonnes de laine mérinos de Nouvelle-Zélande et d'Australie.

Ses autres spécialités sont le cachemire, dont il est l'un des principaux transformateurs en Europe, les laines et des tissus particuliers comme la fibre de fleur de lotus originaire de Birmanie, dont on fait des costumes très légers.

Le groupe familial, fondé au XIXe siècle, attend un chiffre d'affaires de 700 millions d'euros cette année et un bénéfice avant impôts représentant 20% des ventes.

Ses principaux marchés sont la Chine, les États-Unis et l'Europe. En France, il compte cinq boutiques, dont une sur la célèbre avenue Montaigne à Paris.

Mais l'annonce l'été dernier de l'arrivée de LVMH à son capital avait fait grincer quelques dents en Italie, des critiques balayées d'un revers de main par Pier Luigi Loro Piana, pour qui cette opération est synonyme de «synergies» et permet un «développement plus rapide et peut-être aussi plus solide que pour une entreprise seule comme l'était Loro Piana».

«Si Loro Piana se développe davantage dans les années à venir, nous aurons fait le bon choix pour l'Italie, pour nous et pour le groupe LVMH. Ce qui compte, c'est la valeur ajoutée que nous apportons à l'Italie», avait-il ajouté dans un entretien en octobre dernier avec l'AFP.

Il avait notamment estimé que «des marchés qui pour nous n'étaient pas immédiatement prioritaires peuvent le devenir car il y aura plus de ressources à disposition».

LVMH détient 60 marques dans les spiritueux et les cosmétiques, la mode et la maroquinerie et a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 28,1 milliards d'euros. Il détient notamment les groupes italiens de luxe Bulgari, Fendi et Emilio Pucci.