Le diplôme reste un rempart contre le chômage

Delphine Bancaud

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Un bureau de Pôle emploi à Bordeaux.
Un bureau de Pôle emploi à Bordeaux. — SEBASTIEN ORTOLA/20 MINUTES

Face à la crise, le diplôme est plus que jamais une protection face au chômage. Une réalité à nouveau soulignée dans une étude de l’Insee publiée ce mercredi, qui insiste sur le lourd tribut payé par les non-diplômés, la crise ayant encore aggravé leurs difficultés d’insertion professionnelle.

Alors qu’en 1990, leur taux de chômage un à quatre ans après leur sortie de formation initiale était de 29%, il a grimpé à 47% en 2012. Une proportion très élevée comparée au taux de chômage des jeunes diplômés du supérieur, qui n’était que de 10% en 2012. «La détérioration de leur situation s’explique tout d’abord par le fait que les jeunes sans diplôme sont moins nombreux en 2012 qu’en 1990: ils représentent 16% des sortants du système éducatif, contre 30% en 1990. Ils sont du coup beaucoup plus concurrencés par les jeunes diplômés sur le marché du travail, d’autant plus en période de crise», décrypte Daniel Martinelli, responsable du pôle diplômes de l’Insee.

Et lorsque les non-diplômés trouvent enfin un job, leurs emplois sont aussi plus précaires. Ainsi, un à quatre ans après la fin de leurs études, 46% d’entre eux sont en CDD, contre 30,8% des autres jeunes, et 24% d’entre eux sont à temps partiel, contre 14% des diplômés. Sans surprise, ils occupent bien plus souvent un emploi non qualifié (56%) que leurs homologues diplômés.

Le poids des origines

L’Insee souligne aussi la double peine des non-diplômés, qui sont issus de milieux défavorisés. «Car l’origine sociale joue un rôle important dans l’insertion», souligne Daniel Martinelli. La richesse du réseau relationnel familial et la reproduction de certains codes sociaux constituant notamment des atouts pour trouver un job. La preuve: un à quatre ans après la fin de la formation initiale, le taux de chômage des non-diplômés dont l’origine sociale est la moins favorable à la réussite scolaire (père employé, ouvrier ou n’ayant jamais travaillé) était de 49% sur la période 2008-2012. Soit dix points de plus que pour les autres non-diplômés (parents cadres, professions intermédiaires…). De même, le taux de chômage des non-diplômés issus de l’immigration non européenne est nettement plus élevé que celui de leurs camarades (55% contre 43%).

Enfin, l’absence de diplôme pénalise à long terme «car les non-diplômés n’arrivent pas à résorber leur taux de chômage, même avec de l’expérience professionnelle», affirme Daniel Martinelli. Dans cette logique, les seuls qui parviennent à trouver un second souffle dans leur carrière sont ceux qui retournent sur les bancs de l’école. C’est d’ailleurs ce que font un quart d’entre eux au début de leur vie active pour finalement décrocher un diplôme (pour les deux tiers un CAP et pour un tiers un bac). Un sésame qui améliore leurs perspectives professionnelles, puisque 75% de ceux qui ont décroché un diplôme après la fin de leur cursus en 2004 occupaient un emploi en 2011, contre 64% de ceux qui sont restés sans diplôme. Des chiffres qui soulignent encore l’intérêt des écoles de la seconde chance et de la formation continue.