Jouets de Noël: Dans les coulisses du grand rush

REPORTAGE Plongée dans la logistique du magasin phare de Toys"R"us à La Défense (Hauts-de-Seine)... [Attention spoiler!]

Claire Planchard
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Préparatifs de Noël dans l'entrepôt d'Evry de Toys"R"us, le 21 novembre 2013.
Préparatifs de Noël dans l'entrepôt d'Evry de Toys"R"us, le 21 novembre 2013. — Vincent WARTNER / 20 MINUTES

Il fait froid et le travail a commencé bien avant le lever du jour, mais en ce matin de la fin novembre, pas de trace de lutins et de traîneaux dans l’entrepôt Toys"R"us d’Evry (Essonne). Depuis mi-octobre, de 6h à 22h30, six jours sur sept, 150 remorques et un bataillon d’intérimaires, vestes polaires et bonnet sur la tête, se relaient pour approvisionner 38 des 50 magasins français du groupe. «Pendant la saison de Noël, nos effectifs passent de 40 à 110 pour répondre sous 12 heures à la demande des magasins du Nord de la France», explique Laurent Dubois, le responsable logistique.

Jusqu’à quatre livraisons quotidiennes

Jusqu’à fin novembre, c’est le pic de réception à Evry: 30.000 colis arrivent chaque jour contre 10.000 habituellement, et 7.800 références transitent sur ses immenses palettes de stockage. Mais à partir de début décembre, les livraisons prennent le dessus. «À l'approche de Noël, chaque magasin doit être approvisionné une à trois fois par jour, alors que trois livraisons par semaine suffisent hors saison», note Mathieu Aubin, le responsable des transports.

Dans l’immense entrepôt de 25.000m² accolé au siège social du groupe, c’est un ballet incessant et bruyant: au sol, juchés sur des transporteurs électriques, des manutentionnaires klaxonnent en slalomant à plus de 10km/h entre les piles de cartons de mini-cuisines ou de vélos Hello Kitty en provenance des Philippines via Le Havre. Leur mission: dispatcher les palettes tout juste déchargées avant qu’elles soient contrôlées et étiquetées par leurs collègues. Stockage en réserve ou expédition en magasin, c’est le convoyeur électrique long d’un kilomètre qui réalise ensuite le tri automatiquement selon l’étiquetage. Une course à 25 km/h à plusieurs mètres de hauteur.

Au bout du tapis roulant «3816», nom de code du magasin de la Défense, le deuxième camion de la journée est déjà en chargement en cette fin de matinée. Au plus fort de la saison, jusqu’à 4 remorques par jour peuvent quitter Evry pour approvisionner ce magasin leader, en France et en Europe, en termes de chiffres d’affaires.

Une heure de route et soixante kilomètres plus tard, le camion bâché à l’effigie de «Moi, moche et méchant 2» arrive au sous-sol du centre de shopping des Quatre Temps dans le quartier d’affaires parisien pour déchargement immédiat. «Le réassortiment se fait quasiment juste à temps. Il est géré informatiquement par la centrale d’achat qui commande entre avril et juillet les jouets de la saison. C’est un coup de poker des acheteurs et des fournisseurs, mais en général il n’y a presque pas de rupture», note Rémi Portes, le directeur du magasin.

Effet de masse et efficacité

Son vrai travail à lui c’est de mettre ses troupes et ses rayons en ordre de bataille pour réussir ces deux mois cruciaux où se joue la moitié du chiffre d'affaires annuel du groupe.

Dès juin, 150 recrutements sont préparés pour faire monter en puissance les effectifs de 58 à 230 au plus fort du rush. Les 3.500m² du magasin changent aussi de physionomie avec des piles de produits placées au milieu des allées. «Ce qui compte pendant la saison, c’est l’effet de masse. L’acte d’achat doit être efficace à tous les niveaux, le conseil comme le prix. On ne fait pas dans le magasin de charme, mais on fait ressortir produits et promotions pour que les enfants trouvent ce qu’ils attendent en bas du sapin», insiste-t-il. Et nos petits ont bien le temps de découvrir comment des logisticiens et leurs parents les ont fait arriver là.