Tablettes pour enfants, l'embarras du choix

CONSOMMATION Conseils pour bien choisir parmi la multitude de références proposées cette année...

Claire Planchard
— 
L'une des tablettes pour enfants leaders du marché, la LeapPad2 de Leap Frog, en septembre 2013 dans un magasin de jouets spécialisé à Paris.
L'une des tablettes pour enfants leaders du marché, la LeapPad2 de Leap Frog, en septembre 2013 dans un magasin de jouets spécialisé à Paris. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Incontournable. Après leur lancement en fanfare l’an dernier, les tablettes sont annoncées cette année comme les championnes des ventes à Noël. Fin octobre, le cabinet d’études de marché spécialiste du jouet NPD Group anticipait un million d’exemplaires vendus en France d’ici à la fin de l’année, «toutes tranches d’âge confondues, soit un marché représentant environ 100 millions d’euros», contre 500.000 en 2012. «Aux nouveaux modèles des intervenants classiques de l’éducatif électronique tels que Vtech, Leapfrog, Clementoni ou Lexibook s’ajoutent les produits des marques d’électronique grand public qui se lancent sur ce segment très porteur», expliquait le cabinet.

Des gammes de plus en plus étoffées

Un coup d’œil en rayon confirme ce boom. «On propose  cette année quinze références de 36 mois à 14 ans, contre dix l’an dernier pour un budget compris entre 20 et 150 euros», explique Rémi Portes, le directeur du magasin ToysRus de La Défense (Hauts-de-Seine). «La tablette sera le produit de l’année pour les adultes comme pour les enfants qui veulent les imiter, avec douze références contre six en 2012 et une offre qui s’est étoffée particulièrement sur les tranches d’âge école primaire et pré-ado», confirme Franck Mathais directeur exécutif des ventes chez La Grande Récré. 

«Certaines sont connectées à Internet grâce au wifi, d’autres via un câble relié à l’ordinateur, certaines fonctionnent avec des piles ou un adaptateur secteur, l’écran et la capacité de mémoire sont plus ou moins développées. En fonction de l’âge, le design change mais  les activités sont globalement les mêmes, avec des jeux et des apprentissages de la lecture et de l’écriture plus ou moins simples», détaille le spécialiste.

De quoi dérouter des parents déjà pas forcément enchantés de voir trôner la tablette en tête de la liste au Père noël de leurs enfants. «A l’image des consoles de jeux vidéo, la tablette est un achat contraint pour les parents, qui ne les choisiraient pas forcément, notamment pour les plus jeunes, si les enfants ne leur demandaient pas. Mais les enfants vivent aujourd’hui dans leur génération et elles font partie des "acquisitions sociales" pour faire comme les copains», constate Isabelle Mazarguil, fondatrice et dirigeante de l’agence de conseil en marketing pour les enfants et les parents Junior&Co. Le psychologue Michaël Stora, spécialiste des addictions aux jeux vidéo, ne recommande pas d’offrir ce type de jouets digitaux avant l’âge de six ans, sauf si l’enfant est accompagné.

Des tests indispensables

Le plus dur sera alors de faire le bon choix.«Les parents sont devenus autonomes pour comparer les caractéristiques techniques des produits, mais ils ont conscience que ce sont les fonctionnalités et les contenus (applications, jeux, ebooks) proposés, leur adéquation avec l’âge de l’enfant  qui seront déterminants dans la satisfaction de l’enfant. Or sans un test préalable par les enfants eux-mêmes, c’est impossible pour les parents de choisir», estime cette spécialiste, qui a créé le label «Approuvé par les familles ».

Dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, cette aide à l’achat  connait un succès croissant auprès des parents. Et la rubrique «Tablette enfant» de son site a vu son audience exploser à l’approche de Noël. Et pour cause. Si en magasin les tablettes VTech (Storio 2 et la nouvelle Storio 3) sont citées comme leader des ventes aux côtés de la Gulli de Korio, les familles qui ont pu tester à domicile et sur la durée les différents modèles plébiscitent, elles, la LeapPad2 de Leapfrog et le FunPad de Videojet. «Alors que ces deux modèles sont officiellement destinés aux "3-9 ans", les tests ont révélé que le premier était nettement mieux adapté aux 3-6 ans, tandis que le second ne convenait pas en dessous de 6 ans», raconte Isabelle Mazarguil. Bon à savoir, avant de débourser 90 à 200 euros…