ThyssenKrupp compte poursuivre sa mue après la vente de son usine américaine

© 2013 AFP

— 

Le conglomérat industriel allemand ThyssenKrupp a réussi à tourner une page de son aventure dans l'acier américain en vendant son usine de l'Alabama (sud), mais son processus de diversification est loin d'être fini.
Le conglomérat industriel allemand ThyssenKrupp a réussi à tourner une page de son aventure dans l'acier américain en vendant son usine de l'Alabama (sud), mais son processus de diversification est loin d'être fini. — Patrik Stollarz AFP

Le conglomérat industriel allemand ThyssenKrupp a réussi à tourner une page de son aventure dans l'acier américain en vendant son usine de l'Alabama (sud), mais son processus de diversification est loin d'être fini.

Après de longues négociations, cette usine qui dispose d'une capacité de production d'acier de 5,3 millions de tonnes, sera cédée à ArcelorMittal et Nippon Steel & Sumimoto pour 1,55 milliard de dollars (1,14 milliard d'euros).

Les deux acheteurs se sont aussi engagés à acquérir chaque année deux millions de tonnes de brame d'acier produites par l'usine brésilienne de ThyssenKrupp, et ce jusqu'en 2019.

Cela assure à cette usine, dont ThyssenKrupp a aussi cherché à se défaire sans succès, l'assurance de tourner au moins à 40% de ses capacités de production annuelles.

«Nous avons trouvé une bonne solution pour les deux usines», a estimé Heinrich Hiesinger, le patron de ThyssenKrupp lors d'une conférence de presse à Essen (ouest), retransmise sur le site internet du groupe.

Le prix de la vente est toutefois nettement plus faible que l'investissement consenti, évalué par ThyssenKrupp à quelque 12 milliards d'euros, ce qui a contribué à grignoter une grosse part de son capital.

D'ailleurs, le groupe, producteur d'acier mais aussi de sous-marins et d'ascenseurs, a décidé de procéder à une augmentation de capital pouvant aller jusqu'à 10%.

«Maintenant que la clarté a été faite concernant Steel Americas et que le groupe peut mieux évaluer certains risques juridiques, ThyssenKrupp prévoit une augmentation de capital dont la date sera décidée en fonction des conditions de marchés», explique-t-il dans son communiqué.

Par risque juridique, le groupe entend les poursuites dont il fait l'objet dans plusieurs affaires de cartels.

Dernier épisode en date, il a annoncé un accord avec la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn, pour mettre fin à une plainte concernant plusieurs aciéristes qui se sont entendus pour gonfler le prix des rails et des aiguillages. Il devra lui verser plus de 150 millions d'euros.

Perte divisée par trois

Par ailleurs, ThyssenKrupp a annoncé l'annulation d'une partie de l'accord conclu début 2012 avec le finlandais Outokumpu concernant la vente de sa filiale d'acier inoxydable Inoxum, en raison d'exigences de la Commission européenne.

Le conglomérat allemand va reprendre possession de son usine AST de Terni en Italie, des activités de VDM ainsi que de plusieurs autres unités tandis qu'il va céder à des investisseurs institutionnels la participation de 29,9% de Outokumpu acquise dans le cadre de cet accord. Un revers qui devrait lui faire perdre 305 millions d'euros de la valeur comptable de sa participation, Outokumpu, en difficulté en raison du prix en recul de l'acier, ayant décidé de procéder à une augmentation de capital.

ThyssenKrupp a précisé qu'il cherchait des repreneurs pour AST et VDM, soulignant vouloir poursuivre sa transformation afin de sortir du rouge.

Lors de son exercice décalé 2012/2013, clos fin septembre, le groupe a encore essuyé près de 1,5 milliard d'euros de pertes et a décidé de ne pas distribuer de dividende à ses actionnaires pour la deuxième année de suite. La perte est toutefois trois fois moins importante que l'année précédente.

Côté bénéfice opérationnel (Ebit ajusté), il a réalisé 599 millions d'euros, soit une hausse de 50%, selon des chiffres initialement attendus lundi.

Malgré la perte essuyée, «ThyssenKrupp a fait d'importants progrès en direction de son objectif de devenir un groupe diversifié», a commenté le groupe, soulignant avoir dépassé ses objectifs en terme de chiffre d'affaires (avec des ventes de 38,6 milliards d'euros, en recul de 7% sur un an) tandis qu'il a réduit sa dette (à 5 milliards d'euros contre 5,8 milliards lors de l'exercice précédent).

«Cette année n'a pas été facile mais nous avons fait d'importants progrès: nous avons réduit nos risques et avons davantage investi dans la recherche et développement», a déclaré M. Hiesinger.

Pour l'exercice en cours, le groupe attend une hausse de son Ebit à 1 milliard d'euros, une progression de ses ventes de l’ordre de 5% et une nette amélioration de sa rentabilité.