La macroéconomie au cœur des préoccupations de la Bourse de Paris

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La Bourse de Paris, qui a marqué le pas cette semaine, continuera à se chercher un cap dans les résultats d'entreprise, au moment où la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) doit confirmer le ralentissement de son aide à l'économie.
La Bourse de Paris, qui a marqué le pas cette semaine, continuera à se chercher un cap dans les résultats d'entreprise, au moment où la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) doit confirmer le ralentissement de son aide à l'économie. — Thomas Coex AFP

La macroéconomie sera au cœur des préoccupations de la Bourse de Paris la semaine prochaine, avec plusieurs statistiques américaines de premier plan à l'agenda et une réunion de la Banque centrale européenne (BCE).

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a gagné 0,39% pour terminer vendredi à 4.295,21 points. Ses gains depuis le début de l'année s'élèvent à 17,97 %.

L'indice se maintient dans la zone des 4.300 points, sans disposer de nouvelles «susceptibles d'enclencher une tendance dans un sens ou dans un autre», explique Jean-Louis Mourier, économiste au sein du courtier Aurel BGC.

Ces dernières semaines, «le marché évolue dans un tunnel étroit entre 4.200 et 4.300 points», après la saison de publications des résultats d'entreprises, explique de son côté Isabelle Enos, directrice de la gestion de B*Capital (groupe BNP Paribas).

Avec une semaine chargée sur le plan macroéconomique, la cote parisienne trouvera peut-être des raisons de sortir de son attentisme.

«La semaine prochaine va être importante pour les marchés financiers», selon les économistes du bancassureur ING, tant aux États-Unis qu'en Europe, avec une réunion de la BCE jeudi.

«C'est la première semaine du mois avec les statistiques les plus importantes sur l'économie américaine», renchérit Mme Enos, qui mentionne les indices d'activité ISM, les dépenses et revenus des ménages, le taux de chômage et le Livre Beige de la Réserve fédérale américaine (Fed), un rapport sur la tenue de l'économie.

Cette salve d'informations permettra de voir «comment on se remet du +shutdown+», la paralysie partielle de l’État américain survenue en octobre, poursuite Mme Enos.

Elle servira aussi de repères aux investisseurs pour anticiper l'évolution de la politique monétaire de la Fed.

L'établissement a fait savoir de longue date qu'il réduirait son soutien exceptionnel à l'économie au rythme de l'amélioration de la conjoncture et notamment de l'emploi.

Le rapport mensuel sur l'emploi pour le mois de novembre attendu vendredi aux États-Unis n'en sera que plus scruté par les marchés, qui ont largement bénéficié de cette politique monétaire ultra-accommodante.

Jusqu'à présent, «des statistiques américaines en demi-teinte plaident contre un changement de politique de la Fed en décembre», soulignent toutefois les économistes de BNP Paribas.

Côté européen, les marchés anticipent d'autant moins d'action de la part de la BCE lors de sa réunion jeudi que l'inflation est légèrement repartie à la hausse en novembre dans la zone euro, à 0,9%.

Il y a «peu d'anticipation» vis-à-vis de la BCE cette semaine, l'institution ayant déjà «surpris» en abaissant son principal taux directeur lors de sa dernière réunion début novembre, explique M. Mourier.

Le président de la BCE Mario Draghi avait alors prévenu que la zone euro était potentiellement au seuil d'une «période prolongée d'inflation basse», ce qui avait poussé l'établissement à agir.

Dans ce contexte, «le diagnostic économique de la BCE» à travers «la mise à jour de ses prévisions de croissance et d'inflation» seront particulièrement suivies par le marché, indique M. Mourier.