PSA: Comment Philippe Varin a été obligé de renoncer à sa retraite chapeau

AUTOMOBILE Le patron renonce à une retraite chapeau de 21 millions d’euros...

Mathieu Bruckmüller

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Philippe Varin, le patron de PSA, le 25 novembre 2013.
Philippe Varin, le patron de PSA, le 25 novembre 2013. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Philippe Varin a mangé son chapeau. Moins de 24 heures après le coup de projecteur donné sur les 21 millions d’euros de retraite chapeau  auquel le patron du constructeur aurait pu prétendre, ce dernier a décidé d’y renoncer, sous la pression. C'est la CGT du site de Sochaux qui, sur son site internet, a attiré l'attention sur la clause du rapport annuel 2012 du groupe, public depuis  le mois de mars (Voir ci-dessous), et ce au lendemain de l’annonce du remplacement de Philippe Varin courant de l'année 2014 au profit de l'ancien numéro deux de Renault Carlos Tavares.

Dès mercredi matin, les syndicats de l’entreprise et la classe politique, dans une rare unanimité, se sont relayés pour dénoncer les conditions financières de son départ alors que l’entreprise en difficulté a supprimé 8.000 emplois l’an dernier et ferme l’usine d’Aulnay-sous -Bois (Seine-Saint-Denis). Face à la crise profonde que traverse PSA, Philippe Varin dont la rémunération annuelle est loin d’être la plus élevée parmi les grands patrons français,  avait déjà renoncé en février dernier à 1,6 million d’euros de part variable pour l'année 2012, comme en 2011.

«Des idées fausses»

En fin de matinée, Philippe Varin est venu défendra sa retraite chapeau, un complément de la retraite légale (Sécu et Agirc-Arrco) qui profite à plusieurs centaines de milliers de cadres dirigeants en France, expliquant «comprendre» les réactions, tout en précisant qu'elles «reposent sur des idées fausses».

Pour financer sa retraite chapeau, PSA avait provisionné dans ses comptes 20.968.000 d’euros. De quoi permettre à Philippe Varin, qui est depuis 2009 à la tête de PSA,  de toucher une pension globale d’environ 310.000 euros nets par an pendant 25 ans. Mais les explications du patron de PSA n’ont pas réussi à taire la polémique. Le coup de grâce est intervenu depuis l’Elysée à la sortie du Conseil des ministres. Côte à côte, Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg ont jugé cette retraite chapeau «inappropriée» pour le premier, inadmissible pour le second.

Peu avant 18h00, Philippe Varin lors a rendu les armes: «J'ai décidé de renoncer aux dispositions actuelles de mes droits à retraite». «C'est une décision sage, c'est le moins que l'on puisse dire, c'était d'ailleurs la seule possible au regard de la situation de l'entreprise, des efforts pour ne pas dire des sacrifices demandés aux salariés de Peugeot», a estimé le président de la République dans la soirée depuis Madrid.

 
Affaire PSA / Phillipe Varin : Les engagements de PSA pour la retraite des membres du directoire publié par Fil_Economie

Pas de loi

Au printemps, l’exécutif avait refusé de légiférer sur la rémunération des grands patrons du secteur privé, préférant une « autorégulation exigeante » à travers un renforcement de leur code de gouvernance. Avant la décision de Philippe Varin de renoncer à sa retraite chapeau, les députés PS n’excluaient pas mercredi de finalement légiférer. Pour le patronat au contraire, le geste du patron de PSA est «la démonstration de l'efficacité de l'autorégulation».