La retraite chapeau de Varin «écœurante» pour un syndicaliste, «inadmissible» pour Montebourg

ECONOMIE Les 21 millions d'euros provisionnés par PSA pour la retraite chapeau de Philippe Varin n'en finissent plus d'être critiqués...

Oihana Gabriel

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Chaine d'assemblage d'automobiles dans une usine PSA à Aulnay.
Chaine d'assemblage d'automobiles dans une usine PSA à Aulnay. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les 21 millions d'euros prévus par PSA pour la retraite chapeau de Philippe Varin ont suscité la réprobation générale, au moment où le président du directoire s'apprête à laisser la barre d'un constructeur automobile en pleine tempête. Premiers concernés, les syndicalistes critiquement avec amertume une somme jugée indécente.

Redistribuer les 70 millions d'euros aux salariés

«Quand on voit que Philippe Varin a essayé de convaincre ces derniers mois les syndicats comme le public que les caisses de PSA étaient vides, cette retraite chapeau de 21 millions d’euros nous met en colère, tempète Jean-Pierre Mercier, délégué syndicaliste CGT à Aulnay-sous-Bois, où 3.000 emplois sont menacés. Il a demandé à ce que 125 millions d’euros d’économies soient faites sur le dos des employés. La CGT demande donc deux choses. Premièrement, que les cinq principaux dirigeants du groupe, dont Philippe Varin,  renoncent aux 70 millions d’euros déjà provisionnés. Et que deuxièmement, ils soient immédiatement redistribués aux 60.000 salariés, sous forme d’une prime de 1.200 euros. Aujourd’hui, quand un ouvrier demande à faire renouveler ses chaussures, on lui répond qu’il n’y a pas un centime à dépenser. Qu’un dirigeant qui va réussir à surpprimer 11.000 emplois, soit ainsi remercié, c’est écœurant.»

Une décision est « inadmissible et incompréhensible» pour deux ministres

«Nous avons demandé à PSA, puisque cette décision est inadmissible et incompréhensible, de reconsidérer sa décision, de la revoir», a déclaré à l'AFP Arnaud Montebourg, estimant que «les sacrifices doivent être demandés à tous dans une période difficile». «Nous sommes devant une entreprise qui connaît des difficultés, qui a imposé des sacrifices très importants à ses salariés et qui jouit d'une garantie de l'Etat pour sa banque (...) à hauteur de sept milliards» d'euros, a rappelé le ministre.

«Cette entreprise est une entreprise française à laquelle les Français sont très attachés. Le gouvernement a aussi montré qu'il savait marquer sa solidarité puisque nous avons accordé une garantie d'Etat de 7 milliards d'euros pour la banque PSA finance qui irrigue le groupe», a réagi de son côté Pierre Moscovici à la sortie du Conseil des ministres. «Nous considérons que compte tenu à la fois des sacrifices qui ont été faits, compte tenu de la situation de l'entreprise, compte tenu de la garantie de l'Etat, qu'on est là dans des niveaux inappropriés. Nous le disons avec fermeté, nous demandons que le groupe fasse la clarté sur tout cela», a également déclaré le ministre.