Chômage: Les organisations de chômeurs demandent une prime de Noël de 500 euros

Céline Boff

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Une manifestation de chômeurs et précaire en juin 2013 à Montpellier.
Une manifestation de chômeurs et précaire en juin 2013 à Montpellier. — PASCAL GUYOT / AFP

La courbe du chômage s’est-elle inversée en octobre? Pôle emploi répondra à cette question ce jeudi, mais les organisations de chômeurs ne se font aucune illusion. «Décembre va bientôt débuter et nous ne voyons pas comment les promesses de François Hollande et du gouvernement pourront être tenues. Nous nous approchons de Noël, mais la fin d’année va être terrible pour nombre de familles», souffle Alain Florin, de la CGT chômeurs, qui rappelle que «près de six millions de personnes sont désormais privées d’emploi en France».

«Voilà pourquoi nous demandons une allocation exceptionnelle pour tous les demandeurs d’emplois de 500 euros, une sorte de prime de Noël», poursuit Philippe Villechalane, de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité (Apeis). Qui insiste: «En ce moment, il y a plein de manifestations en France, mais les chômeurs aussi sont mécontents».

Ne pas «rester invisibles»

Les organisations appellent d’ailleurs à la mobilisation des demandeurs d’emplois et des précaires le 7 décembre prochain. «Cette journée sera l’occasion de marcher tous ensemble et de dire non à la criminalisation des chômeurs. Car Pôle emploi devient une véritable institution de contrôle au lieu d’être un service public de l’emploi. Nous devons nous battre contre cela», avance Pierre-Edouard Magnan, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP).

«Non, les chômeurs ne sont pas des fainéants», rebondit Alain Marcu, d’Agir ensemble contre le chômage (AC), «mais ils ne doivent pas rester invisibles. S’ils descendent dans la rue comme le font les salariés, cela changera peut-être les choses».

>>A lire, notre article: Chaque mois, près d'un chômeur indemnisé sur deux travaille

«Le chômage n’est plus un accident»

Pour «en finir avec le fantasme des fraudeurs qui représentent moins de 1% des usagers», Pierre-Edouard Magnan rappelle «qu’environ 100.000 offres d’emploi sont disponibles sur le site Internet de Pôle emploi et qu’il y a 160.000 demandeurs d’emplois inscrits rien qu’à Paris! Alors, non, le chômage ne peut plus être un accident, puisque nous sommes désormais dans un système qui n’est plus capable de donner du travail à tout le monde».

«Sans compter que Pôle emploi ne remplit pas sa mission, qui est de collecter les offres», s’énerve Alain Florin. «Par exemple, la RATP annonce qu’elle recherche des centaines de conducteurs de bus mais ces propositions ne sont même pas répertoriées sur le site de Pôle emploi.» Très remontées, les organisations de chômeurs exigent «des décisions concrètes du gouvernement». Parmi leurs revendications figurent le financement des formations, l’augmentation des indemnisations ou encore le suivi des demandeurs d’emploi par un référent unique chez Pôle emploi.

Une prime de Noël existe déjà

La prime de Noël, également appelée «prime exceptionnelle de fin d’année» est une prestation sociale versée tous les ans depuis 1988 aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), de l'allocation équivalent retraite (AER), de l'allocation transitoire de solidarité (ATS), de la prime forfaitaire mensuelle de reprise d'activité ou encore du revenu de solidarité active (RSA), si les ressources du foyer ne dépassent pas le montant du RSA socle. En 2012, cette prime variait de 152 à 381 euros selon la composition du foyer.