Accor: la réorganisation du nouveau patron ne convainc pas les marchés

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Le nouveau PDG d'Accor, Sébastien Bazin, a annoncé mercredi une réorganisation des activités du groupe hôtelier français autour de deux pôles, l'un chargé de la gestion des hôtels et l'autre de la propriété immobilière, un virage qui n'a pas convaincu les marchés.
Le nouveau PDG d'Accor, Sébastien Bazin, a annoncé mercredi une réorganisation des activités du groupe hôtelier français autour de deux pôles, l'un chargé de la gestion des hôtels et l'autre de la propriété immobilière, un virage qui n'a pas convaincu les marchés. — Eric Piermont AFP

Le nouveau PDG d'Accor Sébastien Bazin a annoncé mercredi une réorganisation des activités du groupe hôtelier français autour de la gestion des hôtels d'un côté et de la propriété immobilière de l'autre, sans pour autant accélérer les cessions de murs, contrecarrant ainsi les attentes du marché.

Il s'agit d'un «projet ambitieux» avec notamment «une redéfinition du modèle économique du groupe autour de ses deux métiers historiques», a expliqué Sébastien Bazin.

D'un côté, «nous avons le métier d'opérateur gestionnaire franchiseur d'une part avec HotelServices et de l'autre celui d'investisseur en propriétés hôtelières avec HotelInvest». Les deux doivent être aujourd'hui «identifiés plus clairement», a-t-il ajouté, disant vouloir qu'Accor devienne le groupe «le plus performant» et le «mieux valorisé» du secteur.

«HotelInvest possède les 1.400 filiales (sur 3.600 hôtels, NDLR), qui sont le fonds de commerce et qui seront exploitées par HotelServices», a précisé M. Bazin, lors d'un point presse.

M. Bazin, 52 ans, a évoqué une organisation «plus simple, plus efficace, qui se fera à coûts moins onéreux, en séparant les fonctions, les missions et les objectifs». Il a aussi affirmé qu'il n'y avait «pas de scission» prévue entre ses deux pôles.

«C'est un nouvel élan, un changement d'état d'esprit mais il faut s'appuyer sur l'ADN du groupe», a-t-il souligné.

Dans le cadre de ce nouveau plan stratégique, le nouveau PDG a annoncé l'arrêt des développements d'hôtels en location et la fin des cessions d'hôtels en propriété, sauf pour les actifs jugés sous-performants.

«Le marché attendait indéniablement plus»

«Le but est d'améliorer et d’accroître le rendement des actifs et optimiser le bilan et l'allocation des capitaux», a précisé le PDG.

Nombre d'analystes attendaient pourtant d'un financier comme Sébastien Bazin une accélération du mouvement de cession des murs des établissements exploités par Accor. D'autant que M. Bazin lui même, ex-patron de Colony Capital, actionnaire de référence d'Accor, s'était montré dans le passé favorable à une telle stratégie.

«Le marché attendait indéniablement plus»

Dans ce contexte, le leader européen et numéro six mondial de l'hôtellerie, avec ses enseignes Sofitel, Novotel, Pullman, Mercure, Ibis, et HotelF1, se dotera «d'une nouveau comité exécutif de 10 membres» qui comprendra les cinq responsables opérationnels des régions afin de refléter une nouvelle organisation par zones géographiques.

«Cette nouvelle équipe de direction a une vraie mission: insuffler un changement de mode de fonctionnement au sein du groupe, pour favoriser clarté, agilité et responsabilisation dans la prise de décision», a ajouté le PDG d'Accor.

Dans cette équipe figure Sven Boinet, au poste de directeur général délégué, en charge de la transformation du groupe, des ressources humaines et du juridique. Familier de l'hôtellerie, M. Boinet a longtemps travaillé chez Accor où il a été vice président du directoire, avant de partir dans le groupe Lucien Barrière, puis de prendre la direction générale de Pierre et Vacances, jusqu'à l'été dernier.

«Les équipes avaient un peu perdu le lien avec la réalité. Cette organisation est beaucoup plus claire et ces deux pôles peuvent créer de la valeur l'un pour l'autre», a assuré à l'AFP M. Boinet, ajoutant que si le groupe s'est séparé de plusieurs hôtels performants, il y a encore «beaucoup de valeur» dans son parc.

L'organisation mise en place permet que «la prise de décision soit désormais au plus proche du terrain, entre les mains de ceux qui gèrent les hôtels au quotidien», a encore expliqué M. Bazin.

Il a «confirmé» les objectifs 2013 d'Accor, avec un résultat net entre 510 et 530 millions d'euros, se refusant à donner plus de détails chiffrés.

Cette nouvelle stratégie a été fraichement accueillie par le marché. Vers 15H35, le titre perdait 6,50% à 31,38 euros, dans un CAC en progression de 0,61%.

«La nouvelle stratégie ne correspond pas exactement aux attentes du marché», relèvent les analystes chez Société Générale. «Le marché attendait un plan de réduction de coût et une accélération de la transformation» du groupe.

«Le marché attendait indéniablement plus, notamment avec l'arrivée de M. Bazin qui était prometteuse. Les annonces ressemblent plus à un réaménagement qu'à des nouvelles bouleversantes», souligne de son côté un vendeur d'actions parisien.