Nucléaire iranien: Pourquoi l’accord de Genève est une excellente nouvelle pour Renault et Peugeot

Mathieu Bruckmüller
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Peugeot 208 dans l'usine PSA de Possy (Yvelines).
Peugeot 208 dans l'usine PSA de Possy (Yvelines). — CHAUVEAU/SIPA

PSA et Renault peuvent se frotter les mains. L’accord de Genève signé dimanche entre l’Iran et les Occidentaux qui desserre l’étau des sanctions imposées à Téhéran en échange d’une révision à la baisse de son programme nucléaire fait bien leurs affaires.

C’est «une bonne nouvelle pour diverses entreprises, notamment dans le secteur automobile, où les deux constructeurs français étaient les mieux placés parmi tous leurs homologues européens avant la mise en place de l’embargo ces dernières années», estiment les analyses d’Aurel BGC.

Un marché de 78 millions de consommateurs

Avant le durcissement des sanctions cette année, Renault avait vendu  l’an dernier plus de 100.000 voitures dans le pays, des Logan principalement, et encore 30.000 au premier trimestre 2013. «Mais c’est surtout PSA, dont la part de marché a déjà atteint 30%, qui devrait profiter de la réouverture du marché iranien. En 2011, ce sont plus de 400.000 unités, dont une majorité de véhicules pré-assemblés en France, qui avaient été écoulés grâce à un partenariat avec le principal constructeur local, Iran Khodro. Le débouché iranien représentait il y a deux ans 13% des voitures fabriquées par la marque française», rappelle Bertrand Rakoto, consultant du cabinet RL Polk. L’Iran et son marché de 78 millions de consommateurs constituait pour PSA le deuxième débouché après la France.

«Présents depuis des décennies, PSA et Renault ont une carte à jouer en Iran, mais ils devront redoubler d’efforts face aux concurrents étrangers qui ne manqueront pas aussi de s’intéresser à ce marché, comme les constructeurs chinois» qui ont déjà pris position, prévient déjà Bertrand Rakoto.

«Il faudra voir en outre les conditions de la reprise d’activité en Iran», abondent les experts d’Aurel BGC. En effet, l’accord signé ce week-end doit être renouvelé dans six mois.

Peugeot accélère en Bourse

Malgré tout, les investisseurs veulent y croire. A la Bourse de Paris, le titre Renault progressait de 1,4% à plus de 65 euros à la mi-journée tandis que celui de Peugeot bondissait de 4,6% à 10,75 euros. Car pour la marque au Lion, une bonne nouvelle ne venant jamais seule, des rumeurs insistantes prédisent l’arrivée de l'ex-numéro deux de Renault, Carlos Tavares, comme  futur numéro deux de PSA, chargé courant 2014 de remplacer Philippe Varin, président du directoire, à la tête du groupe.

«Pour la première fois depuis les années 1970, PSA pourrait avoir un patron qui est un spécialiste de l’automobile, ce qui est déjà le cas pour les grands constructeurs étrangers. C’est un «car guy» qui connaît les spécificités propres à cette industrie, notamment du point de vue produit et marché», avance Bertrand Rakoto.