Villepin met la réforme syndicale en attente

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L'autorisation que doit donner le Conseil des ministres mercredi à une audition de Dominique de Villepin comme simple témoin dans l'affaire Clearstream sera un des temps forts de la semaine politique, ainsi que le premier des trois forums interrégionaux de l'UMP, dans le cadre de la campagne interne du parti pour la présidentielle.
L'autorisation que doit donner le Conseil des ministres mercredi à une audition de Dominique de Villepin comme simple témoin dans l'affaire Clearstream sera un des temps forts de la semaine politique, ainsi que le premier des trois forums interrégionaux de l'UMP, dans le cadre de la campagne interne du parti pour la présidentielle. — Joël Saget AFP/Archives

Feu orange pour le big bang syndical. Dominique de Villepin a demandé hier à son gouvernement de travailler sur un avant-projet de loi visant à moderniser les règles du jeu des négociations sociales, et notamment le monopole de la CFDT, la CGT, la CFE-CGC, la CFTC et FO. Depuis un arrêté de 1966, ces cinq centrales historiques sont toujours présumées « représentatives », contrairement aux autres syndicats, qui doivent le prouver.

Hier, le gouvernement a donné l'impression d'aller dans le sens de ce grand chamboulement préconisé la semaine dernière par le Conseil économique et social. Il était pressé de le faire par la CGT et la CFDT, qui ont appelé lundi à amender le projet sur le dialogue social actuellement examiné par les députés. Selon le texte qu'ils proposaient, la représentativité d'un syndicat devait se fonder sur « les résultats d'une élection représentative organisée tous les cinq ans ». En écartant la solution de l'amendement, le gouvernement a choisi une solution bien moins rapide, et qui pourrait éviter un débat explosif, le patronat et FO étant contre la réforme. L'avant-projet de loi risque en effet de ne pas aboutir avant les échéances électorales de 2007.

Edouard Lederer

La loi sur le dialogue social examinée depuis hier par les députés vise à obliger le gouvernement à une « concertation préalable » en cas de projet de réforme touchant au droit du travail ou à l'emploi.