Assurance-vie: Avez-vous intérêt à miser sur le nouveau produit proposé par Bercy?

EPARGNE Les fonds «euro-croissance» seront disponibles dès l’an prochain...

Mathieu Bruckmüller

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 Les Français sont les champions de l'épargne
 Les Français sont les champions de l'épargne — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Du neuf pour le placement préféré des Français. Le gouvernement a présenté la semaine dernière sa réforme de l’assurance-vie, dont la manne représente 1.445 milliard d’euros, pour faciliter le financement de l’économie. L’objectif est de diriger davantage cette épargne vers des placements  plus utiles aux entreprises et en particulier à l’investissement en actions dans les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Les fonds euros, des rendements faibles

Jusqu’ici, les ménages misent 85% des encours dans les fonds euros qui sont garantis en capital quelle que soit la durée de détention. Une sécurité qui a un coût. Le rendement de ces sommes investies surtout en dettes publiques, est faible: moins de 3% en 2013.

Les 15% restants se trouvent dans les unités de compte, investies notamment sur les marchés actions d’où des gains plus élevés puisque plus risqués. Mais à l’inverse des fonds euros, ils n’offrent pas de couverture contre les pertes.

Un troisième pilier plus rentable

A cheval entre les deux, Bercy met donc sur le rail  l’«euro-croissance» qui a vocation à être le troisième pilier de l’assurance-vie. «Les fonds «euro-croissance» permettront à un assuré de bénéficier d’une garantie du capital s’il reste investi au moins huit ans. Ces fonds pourront être souscrits dans des contrats «multisupports» offrant la possibilité d’arbitrer avec des fonds en euros et des unités de compte», précise le ministère de l’Economie.

«Cette garantie à terme devrait avoir comme contrepartie un potentiel de rendement supérieur pour les assurés. En effet, les compagnies d'assurance, du fait de la garantie à terme, devraient avoir une allocation d'actifs plus diversifiée et plus ouverte sur les actions et obligations d'entreprises», avance Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants. Le public cible selon lui: CSP + dans la quarantaine et déjà propriétaire de son logement. «Il faudra accepter de prendre un peu de risque et de ne pas avoir besoin de son argent tout de suite», avertit l’économiste.

A ses yeux, l’euro-croissance, disponible courant 2014, devra avoir un rendement d’au moins 3,5% pour être incitatif. Pour faciliter son développement, les nouveaux contrats bénéficieront, à  l’ouverture, du maintien de l’antériorité fiscale pour les primes issues d’autres contrats d’assurance-vie puisque la fiscalité la plus avantageuse est atteinte après huit ans. Le gouvernement espère ainsi un transfert de l'ordre de 50 à 100 milliards d'euros des fonds en euros vers ces nouveaux contrats d'ici à cinq ans.

De nouveaux contrats

Outre l'euro-croissance, la réforme introduit de nouveaux contrats, qui n'ont pas encore été baptisés et qui visent à investir un tiers des fonds dans des actions de PME et d'Estaing (entreprises de taille intermédiaire), dans du logement social et intermédiaire, ou encore dans les entreprises de l'économie sociale et solidaire. Bercy prévoit un abattement fiscal sur leur transmission pour inciter les épargnants à y souscrire. Dans le détail, ces contrats bénéficieront d'un abattement d'assiette de 20% pour le calcul des droits dus en cas de transmission aux héritiers. En contre-partie, la réforme prévoit que le taux du barème applicable aux successions pour la tranche supérieure à 1 million d'euros par bénéficiaire soit revu à la hausse, passant de 25% à 31,25%.