Pourquoi les entreprises françaises sont moins pessimistes en 2013

CONJONCTURE Elles n’ont pas encore un sentiment d’amélioration totale mais 2014 pourrait s'éclaircir, prévient Louis Gallois…

Bertrand de Volontat

— 

L'ancien PDG de la SNCF Louis Gallois, le 5 novembre 2011 à Paris.
L'ancien PDG de la SNCF Louis Gallois, le 5 novembre 2011 à Paris. — CHESNOT/SIPA

Verrait-on enfin une bonne nouvelle poindre le bout de son nez dans le paysage entrepreneurial français? Le baromètre Ifop de l’optimisation de la trésorerie et du recouvrement de créances pour le cabinet ARC, publié ce mardi, pointe que les entreprises françaises sont moins pessimistes en 2013 qu’en 2012. A 64% contre 38% l’an passé, elles jugent que leur activité et la situation économique va se stabiliser dans les six prochains mois. Reste que 35% des interrogées estiment leur bilan sur un an en recul. L’avenir pourrait tout de même enfin leur sourire.

Des mesures d’aide publique en contreforts

Et pour cause, les entreprises commencent à combler leur trésorerie, grâce à l’aide publique du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, le CICE –près d’un milliard d’euros en 2013-, et celle de la loi Hamon. Cette loi Consommation permettra de rééquilibrer les pouvoirs entre acteurs du marché et de mieux contrôler les délais de paiement. En effet, 33% des entreprises interrogées ont constaté une détérioration des délais de paiement de leurs clients. 59% des PME interrogées affirment encore enregistrer des retards de paiement allant de 1 à 10 jours, contre 46% en 2012. Celles-ci ayant aussi plus de mal à faire face à ces retards (découvert bancaire, délai, affacturage) que les grands groupes.

La mesure d’urgence de Montebourg de 300 millions d’euros, si validée par Bruxelles, devrait participer à l’amélioration de la perception. «Le bon fonctionnement du CICE n’est pas un bon signe, commente le commissaire général à l'investissement Louis Gallois, auteur il y a un an d'un rapport sur la compétitivité. Cela démontre un besoin de trésorerie assez urgent».

«Il est temps de surmonter les conséquences de la récession»

Le «zoom sur la santé financière» de l’observatoire de l’information financière, précise en outre que les niveaux de trésorerie s’améliorent car les dirigeants de PME gèrent leur activité de manière plus prudente pour faire face à de nouvelles éventuelles difficultés dans un climat d’incertitude. «Les entreprises hexagonales ont besoin de stabilité et de visibilité fiscales», poursuit Louis Gallois. D’autant qu’un grand nombre d’ETI et de PME ont dû déposer le bilan cette année, «épuisées par cinq de crise» et faisant face à de «gros problèmes de recouvrement de créances».

Pourtant selon l’étude ETM France 2013, les dirigeants se montrent désormais confiants quant aux perspectives de croissance du chiffre d’affaires de leur entreprise sur les douze prochains mois. Ils tablent sur une progression de 1,4 %. «Il est temps de surmonter les conséquences de la récession», disent-ils. Toujours d’après cette étude, les entreprises de taille moyenne considèrent le potentiel de croissance des marchés d’un œil plus optimiste que les petites et les grandes entreprises. «Il faut un renouvellement du tissu industriel», affirme en ce sens Louis Gallois.

La pression fiscale va diminuer l’an prochain, selon Gallois

Ce lundi déjà, Louis Gallois, qui assistait à la conférence annuelle des entrepreneurs, avait demandé à l'auditoire de ne pas être dans la surenchère: «Les Français soutiennent les dirigeants de PME, ils en attendent beaucoup. Ne faites pas de la victimisation.» Avant d'ajouter: «On ne peut pas dire qu'il ne se fait rien. 20 milliards du CICE, ce n'est pas négligeable. C'est un point de PIB, et, dans une période extraordinairement difficile pour l'économie française, c'est considérable. Et la pression fiscale en 2014 sur les entreprises sera inférieure à ce qu'elle était en 2013».