Le Bitcoin a une «légitimité», selon Washington

ECONOMIE Des agences gouvernementales se penchent cette semaine sur les monnaies virtuelles...

P.B.
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Une pièce de 25 bitcoins.
Une pièce de 25 bitcoins. — R.BAUMER/AP/SIPA

On s'attendait à des débats supervisés par des élus largués et technophobes. Au lieu de cela, les trois heures de discussion sur les monnaies virtuelles, devant une commission du Sénat américain, lundi, ont donné lieu à des échanges mesurés. Moyen de paiement «légitime» selon le département de la Justice, qui a du «potentiel» selon la FED mais pose «un risque» selon le département de la Sécurité intérieur, le Bitcoin est là pour rester.

Dans la foulée de ces avis plutôt positifs, le cours du Bitcoin s'est envolé de 30%, lundi, pour dépasser les 650 dollars sur le Mount Gox, l'un des plus grands marchés en ligne où s'échange cette monnaie virtuelle. Depuis les plus bas de janvier, le cours a été multiplié par 45. Attention toutefois, au printemps, il avait été divisé par cinq en seulement trois jours. La spéculation s'est intensifiée ces dernières semaines malgré la fermeture par le FBI de Silk Road, un marché en ligne de drogue où les achats étaient réglés en Bitcoins.

La FED n'a pas vocation à réguler les monnaies virtuelles

Le patron de la FED, Ben Bernanke, n'était pas présent mais a livré son avis dans une lettre. Selon lui, le Bitcoin et les monnaies virtuelles ont «du potentiel sur le long terme, surtout grâce à leurs innovations pour créer des moyens de paiements rapides, sécurisés et efficaces». La banque centrale américaine a toutefois rappelé qu'elle n'avait pas vocation à réguler les échanges car ces monnaies ne sont pas émises par un établissement qu'elle contrôle.

Créé par un informaticien anonyme en 2009 et amélioré par la communauté open source depuis, le Bitcoin est «miné» par de complexes opérations mathématiques pour introduire une quantité limitée de monnaie. A l'heure actuelle, environ la moitié du stock a été débloqué (12 millions sur 21 millions de Bitcoins). La valeur actuelle en circulation représente désormais 8 milliards de dollars.

Un anonymat qui dérange

De nombreux sites Web acceptent les transactions en Bitcoins. Quelques cafés et pizzerias s'y sont mis et les premiers distributeurs ont été lancés à Toronto et à Stockholm. Selon le département américain de la Justice, il s'agit «d'un moyen de paiement légitime».

Certains se montrent plus critiques. Le département de la sécurité intérieure s'inquiète notamment du «risque» lié au relatif anonymat de cette monnaie, qui facilite, selon lui, le blanchiment d'argent. Un représentant du Secret Service, qui supervise les enquêtes sur la contrefaçon de monnaie, a toutefois précisé que les autorités faisaient «des progrès technologiques rapides» pour débusquer les criminels. Ceux qui espéraient payer un tueur en Bitcoins sont prévenus.