Chantiers navals: 16 des 30 bateaux commandés aux CMN sous-traités en Roumanie

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Les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), basées à Cherbourg (Manche), vont sous-traiter en Roumanie la construction de 16 des 30 bateaux de la commande historique annoncée en septembre, a-t-on appris mercredi auprès de la direction.
Les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), basées à Cherbourg (Manche), vont sous-traiter en Roumanie la construction de 16 des 30 bateaux de la commande historique annoncée en septembre, a-t-on appris mercredi auprès de la direction. — Charly Triballeau AFP

Les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), basées à Cherbourg (Manche), vont sous-traiter en Roumanie la construction de 16 des 30 bateaux de la commande historique annoncée en septembre, a-t-on appris mercredi auprès de la direction.

Ce choix «est loin d'être une première» dans l'industrie navale en France, a commenté la direction.

«Leur coût de revient est moitié moins élevé qu'en France (...) Le recours à cette sous-traitance en Roumanie nous a permis de proposer un prix global compétitif et d'assurer ainsi l'emploi de nos 350 salariés», a déclaré le PDG des CMN, Pierre Balmer, dans un entretien à La Presse de la Manche paru samedi. M. Balmer a indiqué mercredi par SMS à l'AFP qu'il confirmait «tout ce qui était» dans cet article.

«Si les syndicats, les ministres ou le Front national trouvent d'autres solutions, je suis preneur», a-t-il ajouté.

La CGT des CMN dénonce depuis des semaines la volonté des chantiers de sous-traiter à l'étranger une partie de cette commande que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait présentée début septembre comme «le triomphe du made in Cherbourg et donc du made in France».

Quant aux 14 autres bateaux de la commande de 200 millions d'euros, destinée au Mozambique, huit chalutiers et palangriers seront construits à Cherbourg et six patrouilleurs seront assemblés à Cherbourg mais construits ailleurs. Le lieu de construction de ces patrouilleurs n'est pas encore décidé. Selon la CGT, trois d'entre eux seront «sûrement construits en France».

Outre les 350 salariés des CMN, une quinzaine d'intérimaires locaux, une quinzaine de Roumains et une quarantaine de Lituaniens arrivés récemment à Cherbourg, travaillent sur cette commande aux CMN qui ont connu de longs mois de chômage partiel auparavant, selon la Presse de la Manche.

Le fait de sous-traiter à l'étranger une commande est «loin d'être une première» dans l'industrie navale française, a assuré M. Balmer. Et «depuis plusieurs années, certains sites de DCNS accueillent des personnels polonais, roumains ou lituaniens» de même que STX à Saint-Nazaire, a-t-il ajouté, à propos du recours à Cherbourg de travailleurs roumains et lituaniens.