Arnaud Montebourg dévoile son «plan de résistance économique»

ECONOMIE 380 millions d'euros seront débloqués pour soutenir des entreprises en difficulté...

C.P. avec AFP

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Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, en interview dans son bureau à Bercy, le 16 septembre 2013 à Paris.
Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, en interview dans son bureau à Bercy, le 16 septembre 2013 à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Puisque le système bancaire ne fait pas son travail et ne veut pas prendre de risque (...), l'Etat va faire la banque. Nous allons emprunter pour prêter» aux entreprises en difficulté, a affirmé mercredi sur France Inter le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg,

«Nous avons décidé d'organiser la résistance économique par des décisions et des moyens exceptionnels pour faire en sorte que nous puissions préserver nos outils industriels et sauver le plus possible d'emplois», a-t-il expliqué à la presse après le Conseil des ministres durant lequel il a présenté son projet..

20.000 emplois ciblés

Ce plan, qui disposera de 380 millions d'euros, est destiné à des entreprises en difficulté de plus de 400 employés comme le fabricant d'électroménager FagorBrandt, Kem One, l'ex-pôle vinylique du groupe chimique Arkema, le leader mondial des arts de la table Arc International ou le transporteur Mory Ducros.

«Ces quatre dossiers concernent 20.000 emplois», a reconnu Arnaud Montebourg, qui souhaite doter son ministère d'une nouvelle arme pour aider les entreprises de cette taille à «retrouver le chemin de la viabilité et de la prospérité».

«Ce sont des mesures que j'ai proposées en raison d'une vague de plans sociaux à laquelle nous faisons face pour un certain nombre d'entreprises de taille intermédiaire», a-t-il expliqué.

Réactivation du FDES

Le ministre a décidé de réactiver l'ancien Fonds de développement économique et social (FDES), créé en 1948 et qui dispose de 80 millions d'euros, en le dotant de 300 millions supplémentaires.

«Si ces sociétés n'étaient pas secourues, elles affecteraient des secteurs entiers ou risqueraient de porter atteinte à des régions entières», a-t-il prévenu.

Dans l'après-midi, Arnaud Montebourg devait présenter avec le ministre du Budget Bernard Cazeneuve «un amendement au nom du gouvernement à l'Assemblée nationale pour demander l'autorisation des députés d'abonder ce fonds à hauteur de 300 millions», qui s'ajouteraient au 80 millions dont il dispose actuellement.

Il espère disposer de ce fonds dans 15 jours lorsque le budget sera approuvé.

«Ces sommes serviront exclusivement à des prêts à des entreprises», a-t-il précisé, avant de s'en prendre aux banques qui ne les soutiennent pas assez, selon lui.

Le plan prévoit également de donner «plus de moyens humains» au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), une modification des lois sur les faillites et un «accompagnement social renforcé» pour les salariés perdant leur emploi.