La Redoute: Aubry appelle le groupe Kering à «prendre sa responsabilité»

EMPLOI La maire de de Lille rencontrait, ce mardi à Paris, François-Henri Pinault le patron du groupe Kering...

avec AFP

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Martine Aubry s'est exprimé à l'issue d'une réunion concernant La Redoute au siège parisien de Kering, le 12 novembre 2013
Martine Aubry s'est exprimé à l'issue d'une réunion concernant La Redoute au siège parisien de Kering, le 12 novembre 2013 — AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

La maire socialiste de Lille Martine Aubry a appelé ce mardi le groupe de luxe et de distribution Kering (ex-PPR) à prendre «sa responsabilité» dans la vente de sa filiale de distribution La Redoute, à l'issue d'un entretien avec son patron François-Henri Pinault à Paris.

«Il faudra que Kering prenne sa responsabilité par rapport à La Redoute, bastion historique qui a permis d'asseoir ce grand groupe de luxe», a déclaré Martine Aubry à des journalistes à la sortie d'un entretien de près de deux heures au siège de Kering. François-Henri Pinault «a dit "je choisirai le repreneur en fonction de cette pérennité, de la solidité industrielle et des effets sur l'emploi"», un message que «nous entendons», a-t-elle noté devant la presse.

 

«Attitude irresponsable»

«Mais, pour nous, l'essentiel c'est que La Redoute continue à vivre dans toutes ses fonctions: le marketing, le commercial mais aussi l'informatique et la logistique», notamment sur le site de La Martinoire à Wattrelos, a ajouté Martine Aubry. Elle a rappelé que Kering comptait cofinancer une partie des investissements nécessaires pour transformer La Redoute.

La question du plan social qui s'esquisse chez le vépéciste n'a pas été évoquée lors de l'entretien: «Nous n'avons pas souhaité parler de plan social car nous considérons que nous sommes avant la cession», a dit Martine Aubry. Mais, a-t-elle ajouté, «les salariés, avant de rentrer dans un plan social, doivent être convaincus que ce projet ait une pérennité».

Matine Aubry avait dénoncé début novembre «l'attitude irresponsable» de Kering, selon elle, envers La Redoute, important employeur du Nord de la France, accusant le groupe d'avoir «laissé s'enfoncer» l'ancien champion de la vente par correspondance en rechignant à investir pour moderniser l'informatique et la logistique.

«Minimiser l'impact sur l'emploi»

Dans un communiqué, Kering a contesté cette vision mardi soir. «Le principe de la cession de Redcats, maison mère de La Redoute, a été rendu public dès 2009», a dit Kering, en soulignant avoir tenu informés les représentants du personnel de La Redoute «depuis juin 2013 du calendrier et des modalités de la cession».

Le groupe a souligné qu'il choisirait son repreneur en fonction notamment du «mieux disant pour les salariés», et avec comme priorité de «minimiser l'impact sur l'emploi». Dans l'entourage de Kering, on s'inquiète de l'intervention du politique dans ce dossier et d'un risque que cette politisation ne dissuade certains candidats à la reprise.