Chômage des jeunes: Vers un RSA européen?

SOCIAL Le chômage frappe quelque 5,6 millions de jeunes entre 16 et 24 ans en Europe...

Mathieu Bruckmüller

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Caisse d'allocations familiales à Toulouse.
Caisse d'allocations familiales à Toulouse. — BORDAS/SIPA

L’Europe au chevet de ses jeunes. Vingt-quatre des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont participé mardi à Paris à une nouvelle conférence consacrée à la lutte contre le chômage, un fléau qui frappe quelque 5,6 millions des 16-24 ans, selon les dernières données officielles.

«Risque de comportements antisociaux»

«Lorsqu’ils font partie de la population active, les  jeunes sont plus susceptibles d’être au chômage, et s’ils ont un emploi, celui-ci est plus souvent précaire. Certains jeunes qui ne sont ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation, sont dans l’impossibilité d’améliorer leurs compétences et risquent de se voir exclus du marché du travail et d’adopter des comportements antisociaux», s’alarme un récent rapport de l’OCDE.

Résultat: le taux de chômage des jeunes sur le Vieux Continent atteint les 23,5%. Si l'Allemagne fait figure de meilleure élève, avec 7,7% de jeunes au chômage, la France avoisine les 25%, loin derrière la Grèce et l'Espagne avec des taux supérieurs à 56%. Six mois après le précédent sommet organisé par Angela Merkel à Berlin, cette rencontre avait pour but selon l’Elysée de «s'assurer que tous les moyens sont mis en oeuvre et que la volonté politique est confirmée pour obtenir des résultats concrets dans les deux ans qui viennent».

45 milliards d’euros mobilisés

Résultat, 45 milliards d’euros devraient être mobilisés d’ici à 2015. «Une goutte d’eau», «une rustine» face à l’ampleur du phénomène, déplore l’économiste Eric Heyer. A ses yeux, deux exigences se télescopent: la lutte contre le chômage et la réduction des déficits. Or aujourd’hui c’est cette dernière qui l’emporte.

Sur les six milliards d'euros destinés aux régions les plus frappées par le chômage des jeunes, la France espère toucher 10% de cette enveloppe, soit 600 millions d’euros.

Au coeur de ces dispositifs, l'Union européenne a instauré le principe d'une «garantie pour la jeunesse» stipulant qu'aucun jeune Européen ne reste plus de quatre mois sans proposition d'emploi ou de formation. «Nous ne voulons pas encore de simples dispositifs d'accompagnement» du chômage, il faut que cette garantie soit un droit universel», estime Thiébaut Weber, de la Confédération européenne des syndicats.

Alors que les Etats membres doivent transmettre avant la fin de l'année leur plan d'application de cette «garantie», l'Elysée a indiqué avoir envoyé le sien vendredi.

La France a déjà sa «garantie jeune»

La France a déjà lancé son dispositif au début de l’automne avec 10.000 bénéficiaires à court terme dans dix départements pilotes: l’Aude, les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint-Denis, la Réunion, le Vaucluse, le Lot-et-Garonne, l'Allier associé au Puy-de-Dôme, le Finistère, l'Eure et les Vosges. Chaque jeune qui aura signé un contrat touchera une allocation d'environ 433,75 euros mensuels, l’équivalent du RSA socle, contre l'engagement formel du jeune à se former. Le dispositif devrait bénéficier à 100.000 jeunes par an dès 2016. Un rythme insuffisant pour faire face aux 150.000 jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans qualification, constate Eric Heyer.

Vous avez 24 ans ou moins et vous êtes rendu dans un pays de l'Union européenne pour trouver du travail? Vous avez réussi? Votre expérience s'est, au contraire, soldée par un échec? Pourquoi? Racontez-nous via reporter-mobile@20minutes.fr