Dégradation de la note française par S&P: Pierre Moscovici regrette cette décision

Bertrand de Volontat

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Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en compagnie de Pierre Moscovici, ministre de l'Economie.
Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en compagnie de Pierre Moscovici, ministre de l'Economie. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Ce vendredi, l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé la note de la France d'un cran, de AA+ à AA. Elle a en revanche a relevé la perspective de la note de crédit du pays, de négative à stable. Tour d’horizon des réactions.

Arnaud Montebourg: Les agences de notation n'ont «aucune crédibilité». Les agences de notation n'ont «aucune crédibilité vu leur comportement durant la crise financière, déclare le ministre du Redressement productif. Les agences de notation sont celles qui ont noté triple A les banques qui ont fait faillite. Donc, je n'accorde absolument aucun crédit à ces agences de notation, qui d'ailleurs vivent des subsides que leur accordent des banques, qui achètent des bonnes notes et qui en vérité dissimulent un certain nombre de cadavres dans leur placard».

François Hollande a indiqué qu'il «confirmerait la stratégie» économique de la France et son propre «cap» lors d'une réunion avec les grandes institutions financières mondiales vendredi à l'Elysée.

Pierre Moscovici regrette les «jugements critiques et inexacts». Le ministre de l'Économie et des Finances «regrette la décision de l'agence de notation Standard and Poor's de porter la note de long terme de la France à AA avec perspective stable et déplore les jugements critiques et inexacts portés par l'agence de notation». Il fait valoir les «réformes d'envergure pour redresser l'économie du pays, ses finances publiques et sa compétitivité» qui ont été mises en œuvre au cours des derniers 18 mois par le gouvernement et, ce, «dans un contexte conjoncturel aussi difficile». Pierre Moscovici fait observer par ailleurs que la nouvelle notation «demeure parmi les plus élevées», puisqu'elle est précisément la troisième meilleure possible dans la classification de S&P et qu'elle «témoigne des atouts reconnus de la France». Parmi ces atouts, le ministre énumère «ses perspectives démographiques, la qualité de ses infrastructures, le haut niveau d'éducation et de productivité de sa main-d’œuvre, le niveau d'épargne élevé du secteur privé et son statut d'émetteur de référence au sein de la zone euro». La perspective «stable» associée à la notation, qui implique que l'agence n'envisage pas de la modifier de nouveau à court ou moyen terme, «traduit, selon S&P, l'engagement du gouvernement à contenir la dette publique», souligne en outre le ministre.

Jean-Marc Ayrault: «La note de la France reste parmi les meilleures du monde». Le Premier ministre  estime que la note de la dette publique française, abaissée d'un cran par l'agence de notation financière Standard and Poor's à «AA», restait «l'une des meilleures du monde». Il a également considéré que l'agence n'avait «pas pris en compte toutes les réformes» dans son analyse, notamment celle, en cours d'adoption, des retraites. «L'agence parle des perspectives. Certains pays ont des perspectives négatives, ce n'est pas le cas de la France», a également commenté Ayrault.

Bruno Le Roux: «Les agences de notation, elles ne nous manquaient pas». Le patron des députés PS estime que la majorité menait ses réformes «sur un rythme compatible avec ce que nous pouvons demander aux Français», en commentant l'abaissement de la note de la France par Standard & Poor's. «Que peuvent-ils nous dire? Qu'il faut aller plus loin? Oui, nous voulons aller plus loin dans les réformes. Qu'il faut faire en sorte de compresser encore plus le pouvoir d'achat des Français? Non, nous ne voulons pas faire cela, nous réformons aujourd'hui à un rythme qui est nécessaire à notre pays et compatible à ce que nous pouvons demander aux Français».