La Bourse de Paris recule, peu affectée par Standard and Poor's

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La rémunération moyenne des patrons du CAC 40 a retrouvé cette année les niveaux de 2011, à 3,5 millions d'euros, mais demeure inférieure à celle de leurs pairs européens, selon une étude publiée mardi.
La rémunération moyenne des patrons du CAC 40 a retrouvé cette année les niveaux de 2011, à 3,5 millions d'euros, mais demeure inférieure à celle de leurs pairs européens, selon une étude publiée mardi. — Patrick Kovarik AFP

La Bourse de Paris a terminé en baisse vendredi (-0,48%), continuant à reprendre son souffle après ses récents records annuels et peu affectée par la sanction de Standard and Poor's contre la France.

L'indice CAC 40 a perdu 20,55 points à 4.260,44 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,3 milliards d'euros. La veille, il avait lâché 0,14%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a lâché 0,03% tandis que Londres a pris 0,17%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a perdu 0,27%.

Le marché parisien a creusé ses pertes au fil de la journée, au point de perdre plus de 1,6% après la publication des chiffres de l'emploi américain, avant de limiter la casse en fin de séance.

«Le marché reprend son souffle et connaît une phase de temporisation qui n'est pas illogique, sans que l'on puisse encore parler de retournement», explique Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

Selon lui, le CAC 40, qui avait atteint la veille son plus haut annuel en séance à plus de 4.350 points après la baisse surprise des taux de la Banque centrale européenne (BCE), «suit l'évolution de Wall Street», qui a terminé en net repli la veille.

«L'impact de la décision de Standard and Poor's est quasi inexistant», ajoute-t-il.

Tôt vendredi matin, Standard & Poor's a abaissé d'un cran la note de la France à «AA», estimant que le pays avait perdu de sa marge de manœuvre financière et n'était pas en mesure de se réformer davantage en raison du maintien d'un chômage élevé.

Fin de la saison des publications

«Deux éléments limitent l’impact de cette annonce», nuancent les économistes chez le courtier Aurel BGC.

Selon eux, «elle ne relance pas le risque systémique dans la zone euro» et la perspective sur la note étant stable, cela «milite pour son maintien dans les deux prochaines années».

Les investisseurs ont davantage réagi au rapport sur l'emploi, en accusant brièvement le coup après des chiffres meilleurs que prévu.

Le taux de chômage aux Etats-Unis a légèrement augmenté en octobre mais les créations d'emplois ont affiché une progression exceptionnelle après la fermeture des services administratifs pendant la crise budgétaire.

«Le marché peut penser après ces chiffres que la Fed va devoir agir plus rapidement que ce qui était anticipé», souligne M. Murail, qui ajoute que sur le moyen terme la hausse des créations d'emploi est une bonne nouvelle pour les investisseurs, d'où la réaction contrastée à cet indicateur.

Les investisseurs savent en effet que la Réserve fédérale américaine (Fed) va réduire dans les prochains mois son immense soutien à l'économie une fois que l'économie sera vraiment repartie.

Par ailleurs, le moral des ménages américains a connu une baisse surprise en novembre, selon la première estimation publiée vendredi par l'Université du Michigan. De leur côté, les revenus des ménages aux Etats-Unis ont augmenté bien plus vite que leurs dépenses en septembre.

Parmi les valeurs, Numericable a bondi (+14,92% à 28,50 euros) pour son entrée en Bourse. L'offre a été massivement souscrite et le prix d'introduction avait été fixé au plus haut de la fourchette indicative, à 24,80 euros.

«L'action s'est bien comportée à un moment où le marché est un peu plus difficile. C'est un succès d'autant que le prix d'introduction s'est fait dans le haut de la fourchette», estime M. Murail.

De leur côté, les valeurs bancaires se sont repliées après la dégradation de la note française, en dépit de l'assurance donnée par S&P qu'elles n'étaient pas menacées d'une décision similaire. BNP Paribas a perdu 0,97% à 53,10 euros, Crédit Agricole 0,46% à 9,12 euros et Société Générale 2,34% à 40,77 euros.

Areva a gagné 1,87% à 18,51 euros. Le groupe a remporté un contrat de 1,25 milliard d'euros pour terminer la construction du réacteur inachevé Angra 3 au Brésil.

TF1 a pris 1,27% à 14,30 euros. Le groupe a contenu la baisse de ses recettes publicitaires au troisième trimestre.

En revanche, Bolloré a chuté (-7,22% à 399,90 euros) après une forte hausse depuis le début de l'année.

JCDecaux a perdu 2,09% à 28,40 euros après l'annonce d'un chiffre d'affaires en légère baisse de 0,7% au troisième trimestre.

Vallourec a lâché 3,25% à 42,17 euros en dépit d'une hausse de son bénéfice net de 29% au troisième trimestre et une confirmation de ses objectifs 2013.

Wendel a perdu 0,97% à 101,85 euros après avoir enregistré une baisse de 0,7% de son chiffre d'affaires consolidé au troisième trimestre.

Enfin, Le Noble Age a fortement progressé de 3,19% à 13,90 euros après un chiffre d'affaires en hausse de 7,8% au troisième trimestre.

Euronext (Cac 40)