L'euro se stabilise face au dollar après sa chute de la veille

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L'euro se stabilisait face au dollar vendredi, au lendemain d'une forte baisse déclenchée par l'abaissement du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) et accentuée par la croissance aux États-Unis, dans un marché prudent avant l'emploi américain.
L'euro se stabilisait face au dollar vendredi, au lendemain d'une forte baisse déclenchée par l'abaissement du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) et accentuée par la croissance aux États-Unis, dans un marché prudent avant l'emploi américain. — Philippe Desmazes AFP

L'euro se stabilisait face au dollar vendredi, au lendemain d'une forte baisse déclenchée par l'abaissement du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) et accentuée par la croissance aux États-Unis, dans un marché prudent avant l'emploi américain.

Vers 10H20 GMT (11H20 à Paris), l'euro valait 1,3419 dollar contre 1,3414 dollar jeudi à 22H00 GMT. L'euro est tombé jeudi à 1,3296 dollar, son niveau le plus faible depuis le 16 septembre.

La monnaie unique européenne tentait de se reprendre face au yen, à 131,79 yens contre 131,50 yens la veille.

Le dollar progressait légèrement face à la monnaie nippone, à 98,18 yens contre 98,02 yens jeudi soir.

La BCE a abaissé jeudi son principal taux directeur à 0,25% lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire, un nouveau plus bas historique alors que le loyer de l'argent en zone euro stationnait à 0,5% depuis mai.

Certains cambistes anticipaient une intervention dès jeudi de la BCE, depuis la publication d'un ralentissement marqué de l'inflation en octobre qui a alimenté des craintes de déflation en zone euro, mais dans l'ensemble, les observateurs s'attendaient à ce que l'institution reste prudente et immobile en novembre, préférant attendre de voir l'évolution des prix dans les semaines à venir.

Cette annonce de la BCE "a vraiment surpris – même si de nombreux opérateurs s'attendaient à une baisse du taux à 0,25% en décembre – mais de toute évidence, le président (de l'institution) Mario Draghi a réussi à convaincre les septiques au sein du conseil des gouverneurs qu'il était temps d'agir", commentait Derek Halpenny, analyste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi.

Mais ce qui semble surtout avoir pesé sur les marchés est le fait que les cambistes "se sont rendus compte que les options de la BCE sont bien plus limitées" qu'ils ne le pensaient, expliquait M. Halpenny.

"M. Draghi a eu beau insister sur le fait que la BCE a à sa disposition de nombreux outils pour parer un nouveau ralentissement de l'inflation mais en réalité ce n'est pas réellement le cas", d'autres options étaient bien trop risquées, estimait l'analyste.

Les cambistes digéraient par ailleurs l'abaissement vendredi par l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's d'un cran de la note de la France, à "AA", estimant que le pays avait perdu de sa marge de manœuvre financière et n'était pas en mesure de se réformer davantage en raison du maintien d'un chômage élevé.

Cette annonce a eu un impact faible sur le marché, mais pour M. Halpenny, servait surtout à "nous rappeler qu'une divergence majeure de croissance (de l'Europe) avec les États-Unis est fort probable dans les années à venir.

D'ailleurs, le billet vert a déjà bénéficié jeudi d'un regain d'optimisme des investisseurs sur la vigueur de la reprise économique aux États-Unis après l'annonce d'une croissance meilleure qu'attendu lors du troisième trimestre.

Ces chiffres sont de nature à alimenter des espoirs de voir la Réserve fédérale américaine (Fed) annoncer une diminution de ses aides à l'économie rapidement.

Les mesures de soutien de la Fed, visant à stimuler l'activité économique, se traduisent par des injections massives de liquidités dans le système financier du pays (par le biais de rachats d'actifs à hauteur de 85 milliards de dollars par mois), mais ont pour effet collatéral de diluer la valeur du billet vert.

Les cambistes attendaient vendredi la publication du très important rapport mensuel sur l'emploi et le chômage aux États-Unis, la Fed ayant fait de l'amélioration du marché du travail une condition indispensable avant tout ralentissement de son aide.

Vers 10H20 GMT, la livre britannique se stabilisait face à l'euro, à 83,50 pence pour un euro, comme face au dollar, à 1,6074 dollar pour une livre.

La devise helvétique baissait légèrement face à l'euro, à 1,2298 franc suisse pour un euro, et se stabilisait face au dollar, à 0,9162 franc suisse pour un dollar.

L'once d'or valait 1.310,40 dollars contre 1.307,25 dollars jeudi soir.

Cours de vendredi Cours de jeudi

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10H20 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,3419 1,3414

EUR/JPY 131,79 131,50

EUR/CHF 1,2298 1,2290

EUR/GBP 0,8350 0,8343

USD/JPY 98,18 98,02

USD/CHF 0,9162 0,9159

GBP/USD 1,6074 1,6075