Marionnaud rouvre son magasin des Champs-Elysées jusqu’à minuit

Delphine Bancaud

— 

Une enseigne de la boutique Marionnaud
Une enseigne de la boutique Marionnaud — AFP PHOTO FRANCK FIFE

Le débat sur le travail de nuit à Paris est loin d’être clos. Un nouvel épisode a démarré ce jeudi avec l’annonce par le groupe Marionnaud de la réouverture vendredi de son magasin au 104 avenue des Champs-Élysées, qui fonctionnera 7 jours sur 7, de 10h à minuit. Une information qui risque de relancer la polémique, son concurrent Sephora étant contraint depuis fin septembre et sur décision de justice de fermer trois heures plus tôt (à 21 heures) son magasin des Champs-Elysées.

Pour justifier sa fermeture à minuit, l’enseigne déclare qu’elle veut faire de sa boutique des Champs-Elysées sa «vitrine internationale». Dans un entretien paru ce jeudi sur le site la tribune.fr, le PDG de Marionnaud, William Koeberlé, explique qu’il s'appuie «sur l'accord social négocié en 2001 avec les partenaires sociaux, accord amendé après la loi Maillé en 2002». Il précise aussi que «cet accord de dérogation sur le travail de nuit, est spécifique à ce magasin, où nous réalisons une part très importante de nos ventes le soir».

Des avantages sociaux pour les salariés volontaires

Quant aux implications sociales du travail de nuit, le PDG explique que les horaires nocturnes s’effectuent sur la base du volontariat et sont agrémentés d'avantages intéressants pour les collaborateurs : «les salariés qui restent jusqu'à minuit rentrent en taxi et bénéficient d'une double majoration, de 25% sur le salaire et de 10% sur les récupérations. Ce qui représente un gain de 150 à 200 euros par mois », souligne-t-il dans latribune.fr.

Pas sur que ces arguments suffisent à éteindre le feu chez les opposants au travail nocture. Selon Europe1.fr, l'intersyndicale parisienne (CLIC-P), qui a obtenu de la justice la fermeture du parfumeur Sephora sur les Champs-Élysées après 21h, menacerait de poursuivre Marionnaud.