Disneyland Paris en perte de vitesse

© 2013 AFP

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Disneyland Paris a perdu un million de visiteurs en 2013 avec la crise mais son exploitant Euro Disney estime avoir bien résisté et compte poursuivre ses investissements massifs, en attendant que la conjoncture s'améliore.
Disneyland Paris a perdu un million de visiteurs en 2013 avec la crise mais son exploitant Euro Disney estime avoir bien résisté et compte poursuivre ses investissements massifs, en attendant que la conjoncture s'améliore. — Thomas Samson AFP

Disneyland Paris a perdu un million de visiteurs en 2013 avec la crise mais son exploitant Euro Disney estime avoir bien résisté et compte poursuivre ses investissements massifs, en attendant que la conjoncture s'améliore.

Le chiffre d'affaires a reculé en 2013 de 1,1% à 1,31 milliard d'euros, a annoncé le groupe jeudi.

Après une année 2012 dopée par les festivités du 20e anniversaire et marquée par un record de 16 millions de visiteurs, la fréquentation est retombée à 14,9 millions de visiteurs sur l'exercice décalé 2013, clos fin septembre.

Le groupe a réduit sa perte nette de 25% à 64,4 millions d'euros grâce au refinancement de sa dette par sa maison-mère américaine Walt Disney Company, qui lui avait octroyé un prêt de 1,3 milliard d'euros fin 2012.

Mais Euro Disney enregistre une perte d'exploitation de 27,5 millions d'euros, liée à la baisse du chiffre d'affaires, contre un bénéfice de 3,4 millions sur l'exercice précédent.

«L'année 2013 a été difficile pour l'ensemble de l'industrie du tourisme et des loisirs en Europe. Nous l'avons ressenti à travers la baisse de la fréquentation des parcs (-7%) et du taux d'occupation des hôtels (-4,7 points à 79,3%)», a indiqué le PDG Philippe Gas.

Les hôtels du royaume de Mickey à Marne-la-Vallée ont ainsi perdu 105.000 nuitées sur l'année.

Le recul de fréquentation est surtout dû à la baisse de la clientèle française (600.000 visiteurs en moins), en particulier celle de proximité, mais aussi espagnole et italienne. A l'inverse les Britanniques, qui représentent le deuxième marché de Disneyland (14% des clients) après les Français (51%) ont été beaucoup plus nombreux, comme les Allemands.

Après un chiffre d'affaires déjà plombé au printemps par la météo, l'activité sur la période cruciale de l'été n'a pas été à la hauteur des espoirs. Le mois de juillet a été «très compliqué», a dit à l'AFP Philippe Gas.

Sur l'année, «le recul du chiffre d'affaires reste mesuré parce que nous avons réussi à faire progresser la dépense par visiteur, ce qui limite l'impact de la baisse de fréquentation», a-t-il expliqué.

«D'autres ont connu un recul plus important», a-t-il relevé, alors que le concurrent Compagnie des Alpes, qui exploite notamment le Futuroscope et le parc Astérix, a vu le chiffre d'affaires de son pôle Parcs de loisirs reculer de 4,7%.

Chez Disneyland Paris, la dépense moyenne par visiteur dans les deux parcs à thème a progressé de 4% à 48,14 euros et celle par chambre d'hôtel de 2% à 235,01 euros.

Disneyland mise depuis plusieurs années sur l'amélioration de la qualité de son offre, avec à la clef une hausse du prix d'entrée et des dépenses sur place. Le groupe a récemment mis un frein aux offres discount de dernière minute. Depuis 2009, 520 millions d'euros ont été investis en rénovations et nouveaux produits et dans le même temps, le panier moyen a augmenté de 9% dans les parcs et de 17% dans les hôtels.

Le PDG reste «confiant» dans la réussite de cette stratégie. «On a besoin de continuer à investir pour faire progresser la dépense par visiteur. Et quand la crise va s'estomper, les volumes vont revenir. L'industrie du tourisme souffre d'un problème de conjoncture, pas d'un problème de demande ou de désamour», estime M. Gas.

Il dit toutefois aborder 2014 «sans aucune garantie». Il évoque «des signes intéressants du côté de la clientèle espagnole» mais n'attend aucune embellie du côté des Français.

Peu importe, les investissements continueront. En trois ans, Disneyland a révové près de 3.000 chambres d'hôtels sur les 5.800 du site et le groupe va poursuivre dans cette voie avec des travaux en 2014 à l'hôtel Newport Bay Club. Il inaugurera aussi à l'été 2014 une très coûteuse nouvelle attraction, autour du thème de Ratatouille.

La trésorerie du groupe a été divisée par plus de quatre en deux ans, passant à 78 millions d'euros fin 2013 contre 366 millions fin 2011, en raison notamment du plan de refinancement qui s'est traduit par le rachat du parc Disneyland et des hôtels auprès de la maison-mère américaine.